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Loi travail

Coup de force d’un pouvoir en guenilles

jeudi 7 juillet 2016 , 287 : visites , par LDA

Avec une légitimité réduite à une peau de chagrin, ne restent plus à l’exécutif que la muselière et le bâton. Une politique de la terre brûlée pour faire table rase de toutes les contestations après son virage à droite.
Gattaz le voulait impatiemment : « fermer la parenthèse » de la contestation de la loi travail. Hollande et Valls l’ont fait. Du moins, espèrent- ils l’avoir fait en utilisant une nouvelle fois l’article 49-3 à l’Assemblée Nationale, où le texte est revenu mardi en seconde lecture. Oubliés les temps où le premier secrétaire du PS et le député-maire socialiste d’Évry (Essonne) ne trouvaient pas de mots assez durs contre un article qu’ils vouaient aux gémonies et destinaient aux poubelles de la République. C’était l’époque où, peut-on supposer, la finance était (encore) leur ennemie, avant celle d’un pouvoir remis entre leurs mains par le peuple, pressé d’éjecter N. Sarkozy, mais ouvrant, à ses dépends, à d’autres renards les portes du poulailler.
Borné et faisant la sourde oreille... Sur fond de mascarade avec la droite lors de l’examen au Sénat, Valls avait répété son intention d’aller jusqu’au bout, de ne rien accepter de ce qui pourrait dénaturer, ne serait-ce même qu’adoucir, une loi tricotée sur mesure pour le grand patronat et façonnée selon les instructions de la Commission européenne. Au même moment, dans le pays, la contestation des forces syndicales et politiques essayait de lui faire entendre qu’il faisait fausse route et soumettait des propositions alternatives. Et quelle morgue dans l’intervention, ce mardi, de l’exécuteur des basses oeuvres du pouvoir, osant affirmer que « ce texte est un texte de progrès. Il a fait l’objet d’une large concertation. [...] Cette loi a été considérablement enrichie. Nous avons reçu l’ensemble des partenaires sociaux » ! Un singulier rhabillage d’une loi qui n’est majoritaire ni dans le pays, ni dans le monde syndical et social, ni même au sein de la majorité du gouvernement. Borné et faisant la sourde oreille, le pouvoir, affaibli, a choisi de couper court, une nouvelle fois et comme avec la loi Macron, au débat démocratique avec les représentants élus par nos concitoyens.


Choux gras de la droite Ce nouveau déni de démocratie, cette nouvelle escalade autoritaire, c’est l’aveu de faiblesse d’un gouvernement qui n’a plus d’autre recours. C’est également le reflet des difficultés d’un Parti socialiste qui part en capilotade au point d’avoir peur non seulement du peuple, mais de lui-même, de ses propres débats, de son ombre. Il n’y a pas d’autre sens à donner à l’annulation de son université d’été. La droite, elle, fait ses choux gras de la situation, en jouant sur deux tableaux à la fois. Attendant que le fruit tombe, elle n’a même pas déposé de motion de censure. Après celle votée en première lecture, sachant bien que le texte reviendrait à l’Assemblée, elle n’avait sur le fond aucune raison de s’y opposer. Comme l’a si bien dit Michel Audiard : « Un tel air de faux-cul, c’est presque de la franchise. » L’intersyndicale, après la journée de mobilisations du 5 juillet, n’entend pas “plier les gaules” de la contestation aussi facilement (lire aussi ci-contre) : « le gouvernement fait une grave erreur en pensant courtcircuiter la démocratie s’il promulgue une loi de telle importance pendant les congés estivaux ». Et ce n’est pas sa “victoire à la Pyrrhus” après les in-amicales pressions, auxquelles ont été sensibles des députés frondeurs, pour empêcher la motion de censure de gauche initiée par les élus du PCF, qui doit autoriser le gouvernement à croire avoir obtenu le dernier mot.

Pour parvenir à leurs fins, Hollande et Valls n’ont pas hésité à
mettre le feu à la « vieille maison socialiste » qui les gênait tant.

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