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Loi El Khomri

C’est aussi la démocratie qu’il faut défendre

jeudi 23 juin 2016 , 252 : visites , par Rémi

En interdisant, avant de l’autoriser sous certaines conditions, la manifestation parisienne du 23 juin pour le retrait de la loi travail, le gouvernement a franchi un nouveau palier dans ses attaques contre les libertés publiques.

« Interdire une manifestation syndicale », « Du jamais vu depuis la guerre d’Algérie », titrait Marianne en ce début de semaine. À l’époque (1961-1962), Michel Debré, Premier ministre, avait interdit les manifestations à l’appel de la CGT et du PCF, contre la guerre d’Algérie et l’OAS. Le préfet de police chargé de la mise en oeuvre de cette interdiction était un certain... Maurice Papon ! Autre précédent : en Angleterre où Margaret Thatcher, confrontée à une grève des mineurs qui dura un an (1984-1985), avait interdit les manifestations. Et la répression qui s’ensuivit fit trois morts et plus de 20 000 blessés. Avec l’interdiction, pendant quelques heures, de la manifestation parisienne du 23 juin le gouvernement a franchi la ligne jaune.

Se tenant la barbichette avec la droite...
Debré, Papon ou Thatcher... voilà donc les modèles d’un exécutif dont rien ne semble plus pouvoir arrêter le désaveu dans l’opinion publique. 84% des Français estiment que François Hollande est un mauvais président, 75% pensent que Valls ne vaut pas mieux. Réagissant à l’annonce de cette interdiction, le secrétaire général de la CGT de l’Aube, David Morin, a estimé que l’obstination à vouloir « casser la contestation » conduisait le pouvoir à une « surenchère vers l’extrême droite ». Responsable départemental du PCF, Jean-Pierre Cornevin a fait écho à ces propos. Pour lui, devant cette montée en puissance de l’autoritarisme d’État, « au-delà de la loi El Khomri, c’est la démocratie qu’ il faut défendre ». Il ne suffit plus désormais au gouvernement de baillonner le débat démocratique et de légiférer à coups d’article 49-3. Voilà que confronté à l’ineptie de ses affabulations sur une contestation « à bout de souffle », minoritaire au Parlement, dans le pays, se tenant, avec la droite, la barbichette au Sénat, le voilà ayant porté un nouveau coup de lardoir à une liberté fondamentale
 et fondatrice - de la démocratie.

Une raison pour ne rien lâcher
Face au tollé, après le passage à l’acte succédant à ses menaces d’interdiction, le gouvernement a, pour un temps, repris ses esprits après une rencontre avec les leaders de l’intersyndicale. Nous n’épiloguerons pas sur les contorsions, politiciennes à droite et démagogiques à son extrême. Mais cette interdiction, levée quelques heures après, a jeté le trouble y compris à la CFDT, pourtant toujours dans les rangs, de plus en plus clairsemés, des “fidèles d’entre les fidèles”. La défense des libertés publiques, marqueur essentiel de la gauche, s’ajoute aux nombreux reniements d’un François Hollande suivi par l’appareil socialiste ; loi sur le renseignement, état d’urgence... sans oublier, il y a quelques semaines, le vote des eurodéputés socialistes en faveur de la directive européenne sur le « secret des affaires », qui vise, en particulier, les lanceurs d’alerte. La lutte contre la loi El Khomri est effectivement aussi une lutte pour une défense des libertés publiques et démocratiques. Au regard des dérives autoritaires et sécuritaires, de droite précédemment comme du pouvoir actuel, la revendication d’une VIème République reste plus que jamais à l’ordre du jour. L’autorisation de manifester finalement accordée prouve que l’exécutif doit encore compter avec la vigueur des forces sociales. Une raison pour ne rien lâcher... avant qu’il ne soit trop tard.

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