« Cette Fête de l’Humanité autrement, c’est un acte de résistance. » Ernest Pignon-Ernest

L'Humeur
  • Ce cher Jean Tirole
  • 19 mai 2016,
    par Malicette
  • Sur France Inter, une voix grave martèle des vérités premières. C’est celle de Jean Tirole, prix Nobel d’économie, devenu chouchou des media. Et donc ce Jean Tirole, élevé aux mamelles de la bourgeoisie troyenne, annonçait des tas de réformes (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2016 > Mai > N1391 > La colère et le refus font tâche d’huile

Loi travail

La colère et le refus font tâche d’huile

jeudi 19 mai 2016 , 282 : visites , par LDA

Alors que la semaine sociale a été rythmée par les grèves et les manifestations, le pouvoir a achevé sa mue libérale et autoritariste. Désavoué par plus de 70% des français, a-t-il encore les moyens de sa politique ?
Le contraste était saisissant. Au moment où des milliers de salariés entamaient une grève pour tenir bon face au passage en force du gouvernement sur la loi travail, F. Hollande, redevenu candidat, faisait feu de tout bois, allant puiser son inspiration chez Margaret Thatcher. « Je ne céderai pas ! », a-t-il déclaré mardi sur Europe 1 ; résumé édifiant de sa mue libérale autoritaire. « Trop de gouvernements ont cédé », a-t-il osé. Juppé en 1995 ? Mou du genou. Villepin en 2006 sur le CPE ? Petit bras. François Hollande explique désormais sans ambages qu’il fera mieux que la droite, avec même les félicitations du Medef s’il vous plaît ! Sur la planète Hollande, il se dit aussi que la loi travail aurait été « discutée, concertée, corrigée, amendée ». Ah bon ?

Thatcher et Schröder comme idoles
Le cynisme le dispute même à une réécriture de l’histoire, qui fait dire au locataire de l’Élysée qu’il n’y aurait pas d’alternative à gauche en dehors de sa “ligne”, rejouant le refrain des « deux gauches », dont une qui ne voudrait pas gouverner. C’est faire bien peu de cas de l’histoire, de celle des grandes conquêtes sociales et du rôle déterminant de ministres communistes. Le locataire de l’Élysée avoue sa préférence à lui et son inclination pour le « modèle Schröder » et ses contre-réformes libérales, il y a dix ans, qui ont fait de l’Allemagne l’un des pays les plus inégalitaires d’Europe. Voilà qui fait envie ! François Hollande a doublement tort de traiter le mouvement social avec mépris. D’abord, parce que les opposants à cette loi sont loin d’avoir dit leur dernier mot, comme en témoigne cette nouvelle semaine de grèves et de mobilisations. Puis il oublie aussi que les mouvements sociaux sèment toujours des graines politiques. Celui de 1995 contre la réforme Juppé a concouru au résultat des législatives de 1997 et les manifestations contre la réforme des retraites en 2010 ont contribué à mobiliser contre Nicolas Sarkozy.



Vitalité des mobilisations
Dans l’Aube, comme partout en France, des actions ont eu lieu cette semaine. Mardi, un rassemblement s’est tenu devant la préfecture en soutien aux huit syndicalistes de Goodyear Amiens condamnés en début d’année, à l’instigation d’un pouvoir qui veut criminaliser les luttes ouvrières, à de la prison ferme. Un collectif s’est créé dans notre département rassemblant les unions départementales CGT, FO, FSU, Unsa et CFDT, les fédérations du Parti communiste et du Parti socialiste, le PG, Ensemble, la LDH et les Jeunes communistes. Jeudi 19 mai, signe que les opposants à la loi travail ne s’en laissent pas conter par la posture néo-thatchérienne du chef de l’État, de nouvelles manifestations se sont déroulées à Troyes, Romilly-sur- Seine et Bar-sur-Aube. Au niveau national, le mouvement s’est amplifié cette semaine. Industrie pétrochimique, transports maritimes, terrestres et aériens... tout concorde, en dépit de la propagande du pouvoir, à indiquer une vitalité des mobilisations loin d’être à bout de souffle. Mieux, l’irruption dans les luttes de nouveaux secteurs et le renouvellement des formes de la contestation sociale et citoyenne présagent que le gouvernement est bien loin encore d’avoir partie gagnée. À avoir choisi le recours à l’épreuve de force, il a aussi pris le risque de voir les forces sociales et citoyennes le contraindre au retrait de son texte scélérat.


De manifestation en manifestation, la mobilisation ne faiblit pas dans l’Aube. En médaillon, l’initiative de soutien aux syndicalistes de Goodyear.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|