L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.” Jean Jaurès

L'Humeur
  • Réactions
  • 28 avril 2016,
    par Guy Cure
  • Retour sur le 16 avril : après une visite sur l’ile de Lesbos, un centre de la crise migratoire, le pape a ramené au Vatican douze réfugiés syriens musulmans, afin « d’adresser un signe d’accueil aux réfugiés ». Acte symbolique qui a provoqué en Europe (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2016 > Avril > N1388 > Une autre idée du service public ferroviaire

Mobilisation des cheminots

Une autre idée du service public ferroviaire

jeudi 28 avril 2016 , 214 : visites , par LDA

Plus d’un cheminot sur deux en grève le 26 avril à l’appel de l’ensemble des syndicats. Ils entendent peser sur les négociations en cours redéfinissant l’aménagement de leur temps de travail. Une nouvelle mobilisation est prévue le 10 mai prochain.
Cette journée de grève, qui porte sur la question de la réglementation du temps de travail, les salaires et l’emploi, a connu une forte mobilisation. Le combat qui se déroule dans l’unité de toutes les organisations syndicales, pose aussi la question de la sécurité des circulations ferroviaires. En effet, avec la casse d’emplois et la dégradation des conditions de travail, la diminution des moyens financiers, c’est la sécurité des usagers et salariés de la SNCF qui est en jeu et que le gouvernement et la direction de la SNCF sont prêts à sacrifier au nom de la compétitivité et de la rentabilité. C’est la logique de la loi El Khomri adaptée à la SNCF.

Faire monter la pression
C’était la troisième grève en moins de trois mois, à l’appel de tous les syndicats et avec un niveau de mobilisation qui n’est pas à déconnecter du contexte revendicatif interprofessionnel pour le retrait du projet de loi travail, qui impactera nécessairement tous les salariés, du public comme du privé. Alors que les négociations sociales se poursuivent au sein de la branche ferroviaire, tous les syndicats de cheminots entendent faire monter la pression. La levée de boucliers est unanime parmi les salarié-e-s et est à la hauteur de l’attaque qui est portée par le gouvernement et le patronat aux conditions de vie et de travail des cheminots. Mais les cheminots ne défendent pas de prétendus “privilèges”. Au coeur de leur lutte, l’ouverture du rail français à la concurrence. En effet, et conformément aux directives européennes, la France va bientôt voir circuler sur son réseau des trains de voyageurs autres que ceux de la SNCF. Le transport du fret a connu cette libéralisation opérée en deux étapes, en 2003 et 2006. Pour les passagers, les échéances se précisent. Le 19 avril, les négociateurs des états membres et du parlement européen ont fixé les dates : 2020 pour les TGV et 2023 pour les TER et les trains Intercités.

Une journée d’action “ultimatum”
Cette ouverture à la concurrence doit s’accompagner d’une convention collective qui définisse les conditions de travail des salariés. Ce sont ces textes qui, concernant la SNCF sont regroupés dans le règlement RH 0077, doivent être renégociés avant le 1er juillet, échéance où ils prendront fin. à l’opposé de la flexibilité et des gains de productivité tous azimuts prônés par l’état et l’UTP (Union des transports publics et ferroviaires), les syndicats défendent un aménagement du temps de travail garantissant avant tout la sécurité des circulations. C’est bien loin d’être la voie sur laquelle s’est engagée la direction de l’entreprise qui ne cache pas sa volonté d’apporter des modifications destinées à améliorer la productivité de l’entreprise. Si le statut des cheminots et les 35 heures ne seraient pas remis en cause, Guillaume Pepy a déclaré fin décembre qu’il fallait « renégocier la façon de faire les 35 heures » au sein de la SNCF et « remettre à plat l’organisation du travail ». Pourtant, de nombreux efforts ont été consentis par les cheminots, notamment en termes de “productivité”, puisqu’elle a augmenté de 30% depuis 2007. Patronat et direction de la SNCF restent actuellement sourds aux revendications exprimées par les syndicats qui ont décidé une nouvelle journée d’action « ultimatum  » le 10 mai. La porte d’une grève reconductible, si nécessaire, restant grande ouverte.


Au coeur de la lutte, l’ouverture du transport voyageurs à la concurrence en 2020 et 2023.



Patronat et direction SNCF refusent de négocier sur les propositions des syndicats, preuve de leur absence de volonté d’aboutir à un accord.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|