“Un gouvernement injuste familiarise les esprits des sujets avec l’injustice et fait que peu à peu ils s’accoutument à la voir sans horreur.” Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach

L'Humeur
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Loi travail

Jour et nuit... debouts jusqu’au retrait

jeudi 14 avril 2016 , 252 : visites , par Rémi

#Nuit debout, l’occupation des places publiques essaime partout en France. Né de la contestation de la loi toxique El Khomri, il s’efforce de s’inscrire dans la durée en posant les bases du “possible” d’un autre type de société.
Des « CRS debout » pour « encadrer » : voilà la réponse du premier secrétaire du PS, Cambadélis, au mouvement Nuit debout qui a essaimé, le week-end dernier, dans 60 villes de France. Une réponse digne d’un Jules Moch, ce ministre socialiste qui, en 1948, faisant droit à une presse de droite hystérique (« M. Moch : bombardez les quartiers généraux ! Atomisezles  ! »), envoyait les CRS et l’armée contre les mineurs en grève. Entre l’enclume du Medef et le marteau de la droite, furieux des quelques lâchers de lest en direction des jeunes, le gouvernement doit faire face à la cristallisation des colères accumulées depuis le début du quinquennat.
Le flambeau n’est pas éteint

Bien sûr, il y a dans cette agrégation en cours d’une forme de contestation - et de révolte - citoyenne, bien du brouillage, bien des improvisations, bien des tâtonnements. Et le pouvoir épaule ce violon encore mal accordé pour jouer une partition anxiogène. Mais avec Nuit debout, c’est notre jeunesse et notre peuple, de qui F. Hollande a détourné le regard à peine élu, qu’il s’est évertué à “atomiser”, à mettre en concurrence avec lui-même pour que les riches puissent s’enrichir davantage, c’est notre jeunesse et notre peuple qui reprennent une parole trop longtemps confisquée et baillonnée. « Et rester debout, ce n’est pas demeurer assis, courbé, prostré », faisait observer une étudiante de Reims. Le flambeau allumé sur le Parthénon d’Athènes, le « Peuples d’Europe, levezvous  », malgré les vents mauvais soufflés par la coalition des forces réactionnaires de notre continent, n’est pas éteint. Qui sème le vent récolte la tempête, présage un proverbe. Avec la loi El Khomri, préjugeant à tort d’un orage des couches populaires qu’il croyait avoir détourné avec, comme paratonnerre, son exécration des valeurs historiques du socialisme et, en guise de boussole, la vulgate néolibérale, le gouvernerment est allé trop loin.
Du mouvement à la force et à l’outil
Partout dans le monde, les peuples souffrent. 99% qui représentent tout et sont considérés comme si peu voire rien. Plutôt si, comme des fruits dont on fait la confiture de profits. Fruits qu’on trie, écrase et malaxe pour obtenir le taux désiré de rentabilité. Des USA, avec Occupy Wall Street, à Madrid avec les Indignés, en passant par la Grèce, le Portugal, l’Islande et ailleurs, quelque chose est en gestation. Un mouvement qui transcende les différences et regarde vers l’avenir, hors des stéréotypes bien huilés qu’on imagine indépassables. C’est ce qui peut faire de ce mouvement une force et, de cette force, un outil. Le Medef et le gouvernement pensaient, avec la loi travail, “jouer sur du velours”. La détermination des organisations de jeunesse, malgré les concessions - une première victoire ! - et les mobilisations populaires récentes pour le retrait du projet de loi sont devenues le cauchemar de ses instigateurs. Le gouvernement, qui tente de déminer et diviser à sa gauche, essuie, sur sa droite, les vitupérations du patronat qui espérait un bouquet final au quinquennat et redoute aujourd’hui un pétard mouillé. Nous n’en sommes pas encore là. Le camp des forces antisociales dispose de ressources et d’organes puissants. À nous, par notre détermination, notre capacité à agir ensemble, à lui montrer qu’être debout ne sera qu’une étape. La suivante : en avant !


À nous, par notre capacité à agir ensemble, à montrer qu’être “debout” ne sera qu’une étape.



Ce qui embarrasse le pouvoir, le PS et la droite, c’est que Nuit debout est en recherche d’une construction collective alternative et citoyenne.

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