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Attentats Bruxelles

L’urgence de réponses politiques durables

jeudi 24 mars 2016 , 275 : visites , par LDA

Le drame de Bruxelles appelle plus que jamais à une plus grande solidarité et à une détermination politique pour, non seulement retrouver et arrêter les meurtriers et leurs commanditaires, mais aussi apporter des réponses politiques durables.

Comme les autres carnages (Paris, Tunis, Beyrouth Bamako...), celui de Bruxelles été planifié pour être sanglant, aveugle, terrorisant. Quelques jours après l’arrestation de Salah Abdeslam, comment ne pas y voir la volonté de frapper un pays dont les autorités, après avoir manifesté beaucoup de complaisance avec les prêcheurs de djihad, s’étaient engagées dans la lutte contre les tueurs fanatiques  ? Daech, en recul sur les terrains irakien et syrien, veut exporter sa guerre pour terroriser et susciter des réflexes primitifs de repli et de peur pour diviser et faire se détourner de l’idéal démocratique pour un ordre sécuritaire.
Stopper les donneurs d’ordres

Le piège est tendu, mais il est aussi connu et avoué par les chefs d’orchestre de l’horreur. Rien n’oblige pourtant à s’y précipiter et à se perdre dans cette logique de guerre où comprendre ne sert à rien. La menace va durer, nous le savons. La réduire et l’éliminer ne se jouera pas dans des réactions de circonstance ou dans des pulsions de vengeance. Dans la solidarité, bien au-delà de l’Europe, et la mobilisation au long cours qui s’imposent, il faut savoir combiner un travail de police minutieux, renouant avec le terrain, et une justice renforcée en moyens pour piloter les investigations dans le respect des libertés. Arrêter les bras meurtriers n’est possible qu’en stoppant les donneurs d’ordres et en asséchant leurs soutiens. Cela implique plus qu’un travail de renseignement et de surenchère sécuritaire. Une diplomatie sans complaisance à l’égard d’états hypocrites, plus ou moins ouvertement complices, Turquie et Arabie saoudite en tête, deviendra décisive si elle sort des seules réponses militaristes pour échafauder des solutions politiques. Les dirigeants français, européens et d’autres pays dans le monde ne s’en sont pas, jusqu’alors, montrés capables voire même seulement disposés.

Les réponses sont en amont
Mais surtout, le feu ne cessera de couver si l’on ne laboure pas les terrains d’inégalités et d’injustices sur lesquels grandissent et prospèrent les semeurs de haine. Réviser la Constitution à la sauce état d’urgence ? « Ce truc, destiné à rassurer la population, est complètement disproportionné. C’est un écran de fumée qui n’a pas lieu d’être », déclarait récemment dans les colonnes de l’Humanité un membre du renseignement antiterroriste. Le 17 février dernier, les deux patrons des renseignements
DGSE et DGSI - estimaient à l’unisson que « la réponse sécuritaire ne suffit pas et ne résoudra pas le terrorisme », déclarant devant une commission parlementaire d’enquête que « le djihad est un moyen puissant de se venger de sa propre condition sociale » et que, malgré le démantèlement de nombreux groupes, « ils repoussent comme des champignons ». Pour ces spécialistes, les réponses à ce phénomène sont d’abord « en amont ». Cela n’a pas empêché Manuel Valls de réenfourcher sa vieille rosse va-t-en-guerre, jouant sur l’émotion populaire alors que la réforme constitutionnelle est toujours en débat. Au milieu des hâbleries, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français (SPF) parle d’or en estimant que « ces évènements imposent que, face à la barbarie, à la haine, grandissent les sentiments, les gestes d’humanité et de solidarité ».


Le feu ne cessera de couver si l’on ne laboure pas les terrains d’inégalités et d’injustices.


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