“Un gouvernement injuste familiarise les esprits des sujets avec l’injustice et fait que peu à peu ils s’accoutument à la voir sans horreur.” Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach

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Loi travail

Continuons la lutte jusqu’au retrait !

jeudi 10 mars 2016 , 253 : visites , par Rémi

1 500 à Troyes, 500 000 dans toute la France : salariés, retraités, lycéens, étudiants et chômeurs ont défilé contre la mise à mort du droit du travail par la loi El Khomri. Du jamais-vu depuis la mobilisation contre le CPE en 2006.

les lacérations de ses « conquis sociaux », comme voulait qu’on les appelle Ambroise Croizat, où, face à la hargne et l’arrogance des possédants, servis par un pouvoir croupion, le peuple retrouve le chemin de la rue et reprend conscience de sa force immense ; rassemblé et tendu vers un objectif commun. La loi El Khomri est de ces lois « scélérates » dont l’unique finalité est de raffermir le licou du monde du travail et de débrider la course aux profits du capital et la soif de dividendes de ses détenteurs. Scélérate envers la jeunesse à qui Hollande annonçait l’emploi dans son menu électoral et qui lui sert... la précarité à vie.

“Si peu social, ce n’est pas normal”
« J’étais heureux de l’élection de François Hollande, son projet correspondait à mes idées, expliquait un lycéen . Mais aujourd’hui, je ne me sens plus représenté. J’étais content d’une loi sur le travail, il faut que les choses changent, mais que ce soit si peu social, ce n’est pas normal. Dans deux ans, ce sera peut-être moi. » Paroles symptomatiques d’une jeunesse qui à 68% refuse cette loi et ne se sent plus « représentée » par un président qu’elle a soutenu. Les manifestations du 9 mars, dans tout le pays, sont bien plus qu’un coup de semonce, qu’un simple, comme on dit, “coup de gueule”. C’était le premier coup de tonnerre d’une colère profonde, ressentie par beaucoup de celles et ceux qui ont mis en 2012 un bulletin de vote Hollande dans l’urne, et que le plan com’ à géométrie variable sur ce projet de loi du gouvernement, du patronat et de la droite n’a pas réussi à détourner. Ils n’ont pourtant ménagé ni l’huile de coude ni la jactance pour essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, donnant, entre autre, à l’ultraflexibilité les couleurs de la “modernité”, accordant au Medef, qui en avait déjà à l’excès, des pouvoirs discrétionnaires sur les licenciements. Avec cette goutte d’eau, le gouvernement a fait déborder le vase social.

Une “Gattaz’trophe” ?
Le jour des manifestations, Sarkozy, avec la morgue qui est la sienne, déniait au mouvement social toute compétence, expliquant sans rire, que les seuls aptes à juger ce projet de loi étaient, non pas les lycéens ou étudiants... mais les patrons ! Le simulacre de concertation, tardivement engagé par Manuel Valls avec l’objectif de sacrifier quelques bibelots pour pouvoir conserver les gros meubles ne fait pas illusion. D’ailleurs, le lapsus de Myriam El Khomri, cette semaine à l’Assemblée nationale, a trahi l’enfumage. « C’est le sens d’une gouvernance ouverte de savoir prendre 15 minutes... 15 jours pardon... pour revoir avec l’ensemble des partenaires sociaux l’ensemble de ces démarches », s’est-elle embrouillée. Chaque jour qui passe ancre l’exigence d’un retrait de la loi et pas seulement son ripolinage. De prochains rendez-vous sont fixés, les 17 et 31 mars, par les organisations de jeunesse et des syndicats bien décidés à déclencher une « Gattaz’trophe », facétieuse dénomination de ce qui consisterait - et c’est l’objectif à se fixer - à mettre la contre-réforme ultralibérale voulue par le patronat à sa place : la poubelle. Reste que, pour y parvenir, rien n’est encore acquis et qu’un grand travail d’explication et de conviction est encore à fournir. Des propositions pour une refonte progressiste du Code du travail ont déjà été avancées. Les communistes sont partie prenante, avec d’autres, dans ce travail.


Chaque jour qui passe ancre l’exigence d’un retrait de la loi et pas seulement son ripolinage.


 

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