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Remaniement ministériel

Petites manoeuvres Pour grands abandons

jeudi 18 février 2016 , 247 : visites , par LDA

À l’exception de quelques prises individuelles du côté des écologistes, François Hollande n’a pas réussi à se refaire une assise politique après le départ de Christiane Taubira et que Nicolas Hulot lui ait claqué la porte au nez.
Au terme d’un “suspense intenable” : le remaniement gouvernemental, annoncé de longue date, a enfin eu lieu. Après que le ministre des Affaires étrangères L. Fabius eût défloré luimême la non-surprise de son départ pour la présidence du Conseil constitutionnel, ce remaniement a été annoncé par communiqué (relayé par l’Élysée sur les réseaux sociaux et comportant encore les traits rouges du correcteur orthographique, signe de précipitation) et non par une déclaration du secrétaire général de l’Élysée sur le perron du palais, comme il est de tradition, F. Hollande et M. Valls ayant attendu au préalable le vote de la révision constitutionnelle.
Pour des rogatons...
À l’image de ce débat marqué par une levée de boucliers dans leurs propres rangs contre la déchéance de nationalité, tâtonnements et difficultés à convaincre une nouvelle “caution de gauche” s’en sont mêlés ; Martine Aubry et Nicolas Hulot ayant publiquement annoncé leur refus de venir ramer dans cette galère. Pour les rogatons de cette fin de quinquennat, Emmanuelle Cosse a pourtant accepté d’endosser une politique du logement qu’elle vilipendait il y a encore peu et de cautionner la déchéance de nationalité, donnant le coup contre EELV préparé depuis l’Élysée. Jean-Marc Ayrault boit le calice jusqu’à la lie en reprenant de l’active sous les couleurs d’un Manuel Valls qui l’avait humilié et remplacé. Misère de la politique politicienne avec ce remaniement qui récompense surtout le dernier carré des fidèles du président. Ces reîtres de l’austérité prêts à sabrer et tailler en pièces ce qui, d’acquis sociaux ou de droits, ne l’a pas encore été, à marcher au pas derrière le Medef, mais au pas cadencé sur des musiques sécuritaires. Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) a lui aussi rejoint l’équipe Valls en remplacement de Sylvia Pinel. Comme l’écolo protéiforme Jean-Vincent Placé : une affiche de rêve pour humoriste.
“On maintient le même cap”
Riche de contradictions, cette nouvelle équipe gouvernementale n’a, en tous cas, visiblement pas été conçue pour entamer des réformes sociales, encore moins pour infléchir la ligne qui perdure depuis les premiers « ajustements » de 2013 et les remaniements qui suivirent. Pour Pierre Laurent, « le pays attend un changement de politique sur les grandes questions sociales, sur le chômage et sur le reste. Là, on maintient exactement le même cap. Il n’y a aucun signal [...] de la moindre inflexion sur les grandes urgences sociales du pays. » Nouveau pas en arrière aussi concernant les droits des femmes. Après avoir constitué un ministère des Droits des femmes, puis à mi-mandat, l’avoir transformé en secrétariat d’État, Laurence Rossignol récupère un ministère qui combine famille, enfance et droits des femmes. Associer ainsi les droits des femmes à la famille et à l’enfance revient à « enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles : celui d’épouse et de mère », s’insurge-t-on dans les rangs des féministes qui y voient la réapparition d’un « triptyque rétrograde  », amorçant, selon Marie-George Buffet, « une politique [...] que l’on croyait révolue ». Dans le domaine des droits des femmes, le pouvoir répond donc aussi au chant des sirènes les plus réactionnaires, avec un nouveau gouvernement formé par de petites manoeuvres qui préludent à de nouveaux grands abandons.


“Il n’y a aucun signal de la moindre inflexion sur les grandes urgences sociales du pays.”


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