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POINT DE VUE

Une candidature qui fait débat

jeudi 18 février 2016 , 238 : visites , par Passy Connh

Mélenchon d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2017 suscite le débat.
Aux 40 000 soutiens qui ont cliqué sur le site du candidat pour y apporter spontanément leurs encouragements, s’opposent les interrogations des milliers de militants, qui adhérents ou pas d’une des formations politiques du Front de gauche, avaient porté sa campagne électorale en 2012, et qui n’ont d’aucune manière été informés de la démarche. Pour ces masses de militants, qui ne voient pas la politique en terme de ralliement mais plutôt comme un processus de construction citoyenne, le coup est rude. C’est l’idée d’un processus qui permette de mettre en dialogue tous ceux qui sont à la recherche d’un nouveau projet de gauche qui s’amenuise. Mais si la candidature solitaire de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2017 doit être critiquée, c’est surtout parce que le programme qu’il annonce n’a, en l’état, aucune chance de répondre aux problèmes posés par la crise politique, sociale, économique et financière.
Le candidat indique que ses propositions s’appuieront sur une version « sérieusement remaniée » du programme du Front de gauche, L’Humain d’abord.
On comprend, à la lecture des « sept points » affichés sur le site internet du candidat, que ce remaniement consiste à en expurger tout ce qui en faisait un instrument de lutte concrète contre la dictature des marchés financiers et pour changer les rapports de forces économiques et politiques en France et en Europe. ll s’agirait de « partager tout autrement les richesses »… mais sans changer la manière de produire les richesses ! Dans la plus plate tradition social-démocrate, on se contenterait de « révolutionner les impôts » en laissant patrons et financiers décider comment l’argent des entreprises, des banques, et une bonne partie de l’argent public sont utilisés, en les laissant décider si les investissements doivent servir à développer la création de richesses dans les territoires ou, au contraire, à détruire des emplois, à délocaliser ou à nourrir des placements financiers… Pas question de conquérir des pouvoirs dans les entreprises pour en changer les critères de gestion et de financement. Et on espère de cette façon « protéger de la finance les salariés et la production en France » !
Par voie de conséquence, J.-L. Mélenchon ignore tout ce que L’humain d’abord propose concrètement pour réaliser progressivement une sécurisation de l’emploi et de la formation. Du coup, on ne voit pas comment pourrait être embauchée et formée l’« abondante main-d’oeuvre qualifiée » que son programme reconnaît nécessaire à un nouveau mode de développement. Idem sur la question européenne où l’ambiguïté de la formule : « sortir des traités européens » (s’agit-il de sortir de l’Union européenne ? De la zone euro ?) révèle, plutôt qu’une volonté de combattre, le souci tactique de ne pas prendre trop clairement position. Pourtant, le cadre européen, avec la BCE, est précisément un lieu crucial de l’affrontement de classes, un terrain de bataille déterminant pour le succès d’une politique de gauche.

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