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Indemnisation du chômage

La dégressivité repointe le bout du nez

vendredi 5 février 2016 , 316 : visites , par Rémi

Alors que les négociations entre patronat et syndicats, gestionnaires de l’assurance chômage, doivent commencer mi-février pour aboutir à une nouvelle convention, les signes d’une forte attaque contre les droits des chômeurs se multiplient.

Après le rapport de la Cour des comptes mi-janvier dénonçant un régime « généreux » et préconisant des mesures radicales pour redresser un régime qui devrait cumuler 29,4 milliards d’euros de déficit fin 2016, la piste de la dégressivité des allocations fait son retour. La ministre du travail, Myriam El Khomri, a indiqué que cette option pourrait être envisagée par le gouvernement si les négociations n’aboutissaient pas et que celui-ci « prendra ses responsabilités ». Le ministre des finances, Michel Sapin, a lui aussi confirmé cette piste, promettant une fumeuse contrepartie pour les chômeurs, sous forme de « droits à la formation et à la reprise d’emploi ».

2 600 euros en moins !
En octobre dernier, devant l’Assemblée nationale, le ministre du budget, Christian Eckert, tablait sur « 800 millions de nouvelles économies dans le champ de l’assurance chômage ». La dégressivité a déjà été mise en oeuvre entre 1992 et 2001. En septembre 2001, une étude de l’Insee a conclu qu’elle avait ralenti le retour à l’emploi, indépendamment de la conjoncture économique. D’ailleurs, Myriam El Khomri, invitant à « regarder les choses de façon non passionnée  », a elle-même concédé que, dans les années 1990, ce système n’avait pas prouvé son efficacité auprès des « personnes les plus en difficulté  ». Ces nouvelles mesures en gestation, ce nouvel « effort raisonnable » indispensable, selon le gouvernement, « à court terme », est demandé après les économies déjà faites par l’actuelle convention d’assurance chômage et chiffrées à 1,9 milliard entre 2014 et 2016 et à 450 millions annuels en rythme de croisière. Si les intentions du pouvoir devaient aller à terme, les chômeurs seraient gravement pénalisés. Ainsi, diminuer de 100 jours la durée de l’indemnisation (piste également envisagée), équivaudrait à une perte moyenne par chômeur évaluée à 2 600 euros. Autre chiffre, baisser le montant de l’indemnisation : moins 800 euros.

Une “nouvelle concession” au patronat
Certes données ici à titre indicatif, ces estimations illustrent la gravité de l’attaque en préparation contre les chômeurs. Rappelons que la même Cour des comptes, qui préconise ces mesures, a évalué dernièrement la fraude patronale aux cotisations sociales, pour l’année 2012, entre 16,8 et 20,8 milliards d’euros. 24,9 milliards en y ajoutant les régimes de retraites complémentaires ; une fraude qui a doublé depuis 2007. Réagissant aux annonces faites, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent juge que cette « nouvelle concession » au patronat est une « folie ». « Le vrai problème [...] du coût du chômage, c’est justement qu’il y a trop de chômeurs. La seule question, c’est comment on crée des emplois et on aide les gens à retourner à l’emploi », a-t-il déclaré, rappelant qu’à fin 2016, 40 milliards de crédit impôt compétitivité auront été « grillés [...] pour continuer à augmenter le chômage [...] parce qu’on ne vérifie pas que cet argent va à la création d’emplois. » Le déficit de l’assurancechômage ne serait-il pas dû aux CDD, à l’intérim, aux petits boulots ? « La précarité coûte 8,3 milliards d’euros par an à l’Unedic », répond Éric Aubin, négociateur CGT sur le sujet. C’est en fait, toute la politique de l’emploi de l’actuel gouvernement et de ses prédécesseurs qui est en cause. Plutôt que de revoir la copie, on préfère faire des chômeurs les fautifs de tous les maux... et donc les « punir » financièrement.


La Cour des comptes préconise aussi de réduire la durée d’indemnisation des seniors.


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