“Qui va payer ces dix milliards ? Nous, pas les 500 plus grandes fortunes de France ! Pourquoi on ne rétablit pas l’ISF (3,5 milliards) ? Et la lutte contre l’évasion fiscale (80 milliards) ?" Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député

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Conseil départemental : l’austérité étouffe les collectivités territoriales

L’Aube au bord de l’asphyxie financier

jeudi 28 janvier 2016 , 278 : visites , par Joë Triché

Le Conseil départemental s’est réuni les 18 et 19 janvier pour voter le budget 2016. C’est le premier budget voté par la nouvelle assemblée issue des élections de mars 2015.

Une assemblée archi-dominée par la droite auboise. Il y a presque un an, elle avait recueilli entre 40 et 45% des suffrages (avec 40% de votants), obtenant ainsi 33 sièges sur 34. Quelle démocratie que celle qui prive 55% des électeurs de représentants ! Seul un scrutin à la proportionnelle intégrale permettrait à chaque électeur d’être représenté. Marc Bret, maireadjoint de François Baroin - et qui avait comme partenaire, en mars l’an dernier, une candidate UDI - est étiqueté « divers gauche ». En fait, son opposition au sein du Conseil départemental se résume à une opposition anti-Adnot. Cherchez donc une différence entre la politique de Philippe Adnot et celle de François Baroin ; très difficile d’en trouver une.

Des élus départementaux hors-sol
Fin 2015, l’Aube comptait près de 30 000 chômeurs, soit 12,6% de la population active totale (contre 10,9% pour la Champagne-Ardenne). Le taux de pauvreté y est de 15,4% (14,3% de moyenne nationale). Et malheureusement, les perspectives ne sont guère réjouissantes. Romilly va perdre 250 emplois cheminots, représentant une perte d’environ une cinquantaine de millions d’euros par an de pouvoir d’achat pour l’économie auboise. La SIRC, implantée à Marigny-le-Châtel, a fermé ses portes, licenciant les 90 salariés qui y travaillaient encore (ces derniers n’ayant perçu aucun salaire depuis décembre). Et bien, cette situation n’a fait l’objet d’aucune attention de la part de Philippe Adnot lors de son discours d’ouverture de la session budgétaire, ni même des élus de ces secteurs, Nicolas Juillet et Jérôme Bonnefoi.

Tous les indicateurs sont au rouge
La situation financière du Conseil départemental s’est considérablement dégradée sous les coups de boutoir des politiques d’austérité, qui mettent à mal les familles comme les collectivités territoriales. Au banc des accusés, la politique de François Hollande et de Manuel Valls. Par exemple, pour notre département, la dotation globale de fonctionnement baissera de quatre millions d’euros cette année (moins 14 millions depuis trois ans), alors que chaque année les dépenses sociales augmentent de 10 millions d’euros. Or, dans le même temps, les recettes de fonctionnement du département baisseront en 2016 de 3,5% par rapport à 2015. Il y a un lien direct entre l’augmentation des dépenses sociales obligatoires et la progression continue du chômage dans l’Aube, engendrant l’envolée des dépenses de RSA : 57 millions d’euros en 2016 alors que la compensation de l’État sera d’une trentaine de millions, soit un manque d’une trentaine de millions de la part de l’État. L’importance de cette dépense est la conséquence, pour une part importante des politiques de délocalisations du patronat aubois. Pour l’aide personnalisée à l’autonomie (APA), la dépense sera de 34 millions d’euros avec une participation de l’État de 10 millions. L’État doit donc 24 millions d’euros. Ainsi, l’économie auboise et l’emploi seront forcément impactés par cette situation catastrophique. L’autofinancement départemental (l’écart entre les recettes et les dépenses de fonctionnement), utilisé pour financer l’investissement, est en chute libre. Il est passé de 45 millions d’euros en 2010 à 21 millions en 2016 avec, comme conséquence, le recul de 17% de l’investissement cette année En quelques années, il est ainsi passé de 100 millions d’euros à 55 millions. Nombre d’entreprises du BTP, de l’artisanat, vont se retrouver sérieusement menacées.

De l’austérité gouvernementale à l’austérité départementale
Depuis 2010, la droite auboise a engagé notre département dans une fuite en avant. En juillet 2010, elle faisait adopter un premier plan d’économies de 10 millions d’euros en dépenses de fonctionnement ; baisse des subventions aux communes, aux associations, suppression des aides à l’artisanat, au logement, paiement d’une participation des familles au financement des transports scolaires. Et tout dernièrement, un nouveau plan d’économie de 15 millions a été adopté. Les communes, les associations et le personnel département en subiront à nouveau les conséquences. Alors, pour justifier ses choix, la droite crie haro sur l’actuel gouvernement. Pourtant, entre la politique Hollande/Valls et la droite, il n’y a pas sur le fond de différence. Quand François Hollande dit vouloir baisser de 50 milliards la dépense publique, la droite surenchérit à 100 milliards. En fait, leur opposition se résume à une bataille pour la conquête et l’exercice du pouvoir.

Pour les départements, le PCF propose :
•L’arrêt de la baisse des dotations de l’État.
•La mise à contribution des actifs financiers des entreprises et des banques.
•Le financement intégral par l’État des allocations qu’il décide : RSA, APA… au lieu de les faire payer en partie par les conseils départementaux. Pour ces deux seules allocations obligatoires, l’État doit, pour 2016, 50 millions d’euros. De quoi sortir notre département de l’asphyxie financier dans lequel il se trouve !
 

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