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Le gouvernement veut étendre les pouvoirs de la police

Aucune “raison sérieuse” au flicage !

jeudi 7 janvier 2016 , 245 : visites , par LDA

C’est un important renforcement des pouvoirs du parquet, de la police et des préfets que le gouvernement est décidé à mettre en oeuvre, comme l’indique un projet de loi transmis cette semaine au Conseil d’État.

La lutte contre le terrorisme se serait- elle muée en une opportune occasion pour les larrons sécuritaires de l’exécutif ? Personne ne peut nier, que l’état d’urgence décrété par le président de la République après les attentats du 13 novembre et légitimé par la situation, a donné très rapidement lieu à des “dérapages”. à tel point qu’il fallut une intervention ministérielle pour tempérer en certains endroits l’action des forces de l’ordre. Un état d’urgence qui permit aussi de mettre quasiment hors jeu le mouvement citoyen prévu à l’occasion de la COP21, et que d’aucuns verraient d’un fort bon oeil être assis sur un socle constitutionnel plus solide. L’occasion était trop belle pour aller glaner sur les terres de la droite et de son extrême, avec la reprise de la déchéance de nationalité. Une mesure bien loin de faire consensus dans les rangs socialistes, acculant le premier secrétaire du PS à de forts intrigants louvoiements politiques. Dans la veine sécuritaire, le gouvernement a transmis cette semaine au Conseil d’état un projet de loi visant à renforcer les pouvoirs du parquet, de la police et des préfets, estimant que la police n’aurait pas suffisamment d’outils pour lutter contre le terrorisme. Un avis qui n’est pas unanimement partagé par ceux qui rappellent la succession de lois antiterroristes depuis vingt ans, avec notamment celles, récentes, de novembre 2014 et de juillet 2015 sur le renseignement. Si cette nouvelle loi aboutit en l’état, seront possibles les perquisitions de nuit, voire même de façon « préventive », les fouilles de bagages, de voitures et les contrôles d’identité à tout moment  ; la rétention d’un mineur, hors la présence d’un avocat... Le tout conditionné de façon extrêmement floue par « des raisons sérieuses  ». Et c’est la même raison sérieuse, non précisée et laissée à l’appréciation des agents, qui leur assouplit les règles d’utilisation de leurs armes. Cette nouvelle loi, qui devrait se sur-ajouter à toute une pléthore d’autres, n’a-t-elle pas finalement comme but de “balayer” beaucoup largement au-delà de la protection des citoyens contre le terrorisme ? Tant les discours du pouvoir que la surenchère à droite et du FN, sur fond de manoeuvres politiciennes en vue de la présidentielle, le font craindre. Ajoutons que ce renforcement des pouvoirs de police, qu’il n’est pas outrancier de qualifier - en l’état du projet - de discrétionnaires, serait un nouvel outil contre le mouvement social et citoyen de contestation de l’austérité comme, à un autre niveau, la criminalisation de la lutte syndicale. Cette loi, derrière le paravent de la lutte antiterroriste, contient une forte “adaptabilité” à d’autres situations que le pouvoir, dont la politique est fortement contestée, pourrait utiliser pour contenir et museler toute forme de revendication et d’alternative à sa politique. Un autre pas en avant dans sa logique sécuritaire et autoritariste.

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