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Révision constitutionnelle

Où est vraiment le danger ?

mercredi 30 décembre 2015 , 282 : visites , par LDA

Annoncée peu après les attentats du 13 novembre, sans le recul nécessaire et sans se dégager des émotions et des peurs suscitées par la situation, la modification de la Constitution sent le coup politique et la manipulation.

L’extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, annoncée par François Hollande devant le Parlement réuni en Congrès le 16 novembre, trois jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, a provoqué au cours des dernières semaines de très nombreuses réactions. La raison et les valeurs républicaines semblaient l’avoir emporté. Il n’en est rien. Jamais une telle mesure n’avait été assumée par les plus hautes autorités de l’état. Présentée par Manuel Valls comme une décision à « caractère hautement symbolique », elle serait plutôt une honte et un reniement pour notre République. Aujourd’hui, pour le pouvoir en place, l’extension de la déchéance de nationalité est proposée « au nom de l’égalité » alors qu’elle aurait pour conséquence de créer deux catégories de Français.
Le risque d’une régime d’exception permanent
D’aucune efficacité contre le terrorisme, la déchéance de nationalité est apparue au cours des dernières semaines comme une nouvelle légitimation de l’extrême-droite, puisque cette mesure est directement tirée du programme du FN. Où est donc le danger, dans un climat de peur, de haine et de stigmatisation - avec l’utilisation qui peut en être faite - plaçant le FN au coeur du paysage politique et idéologique ? En quoi la déchéance de nationalité désarmerait-elle des terroristes dont l’objectif est de semer la mort en y perdant la vie ? En quoi, pour reprendre l’expression du Premier ministre, aura-t-elle la moindre « efficacité pour protéger nos concitoyens » ? Concernant l’état d’urgence, la réforme constitutionnelle présentée fait courir le risque d’un régime d’exception permanent et d’une aggravation des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines, ciblant des personnes sans aucun lien à des risques d’attentats. C’est une mauvaise réponse aux terroristes alors qu’il est parfaitement possible, en y consacrant les moyens humains nécessaires pour la police et la justice, d’assurer la sécurité dans le respect de notre état de droit. Où donc est le danger ? Quand notre République doute de ses valeurs, de la Liberté, de l’égalité et de la Fraternité, elle fait le jeu des terroristes car il s’agit là de leur objectif premier. Toute modification constitutionnelle ne devrait pouvoir se faire que dans un vaste processus démocratique. Or, aucune consultation sérieuse n’a été menée sur ce sujet, aucun travail citoyen. Cette façon de faire va davantage contribuer à désaffilier la République du peuple souverain. Pour les communistes, la Constitution doit être revue, et même changée. Mais pas pour cela, ni de cette façon. Nous appelons à un grand débat citoyen pour refonder la République et lui donner un nouvel élan populaire. Les prochaines semaines, le débat devra défendre l’essentiel. Ce qui était attaqué par Daesh : la République, notre démocratie et nos libertés.


En révisant la Constitution, le gouvernement du pays des droits de
l’homme fait le choix de déroger à un certain nombre de ces droits.

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