“Un gouvernement injuste familiarise les esprits des sujets avec l’injustice et fait que peu à peu ils s’accoutument à la voir sans horreur.” Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach

L'Humeur
  • Un peu de trop en plus
  • 24 décembre 2015,
    par Guy Cure
  • Mondialisation, destruction de la planète, haines et violences…, les grands sujets ne manquent pas pour débattre et pour désespérer. On sait bien que la politique Valls-Macronienne n’est pas là pour répondre à ces défis et au besoin de justice sociale. (...)

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Espagne - élections générales

PODEMOS bouscule le paysage politique

jeudi 24 décembre 2015 , 331 : visites , par Rémi

Podemos, la jeune formation de Pablo Iglesias a connu une ascension fulgurante, moins de deux ans après sa fondation. Le bon score de la gauche citoyenne a ouvert une nouvelle ère politique.

L’entrée fracassante aux Cortès de Podemos, qui a totalisé pas moins de 5,18 millions de voix et 69 députés aux récentes élections générales espagnoles, confirme que la camisole austéritaire européenne se déchire dans les pays du sud du continent. Après la Grèce, on a pu le constater récemment au Portugal avec l’avènement surprise d’un gouvernement socialiste soutenu par le Bloc de gauche et le Parti communiste. Le nord n’y échappe pas : accession de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste anglais et un Sinn Féin qui pourrait créer une autre surprise en Irlande.
La force de se rassembler
Et cela, malgré que les tenants de l’austérité se soient acharnés cet été à faire un exemple de la Grèce. L’austérité à l’espagnole, comme ses soeurs grecque et portugaise, trébuche sur un obstacle qu’à tort elle a cru levé : une dynamique populaire d’indignation et de transformation. En outre, les élections du 20 décembre ont ébranlé l’édifice institutionnel accaparé par deux partis, le Parti populaire (droite) et le PSOE (socialiste) ; un bipartisme bien cadenassé où les coquins trouvaient facilement des copains. La solution de diversion imaginée par la bourgeoisie madrilène avec Ciudadanos, un parti porteur d’une critique libérale du système, n’a pas empêché Podemos, ses alliés et Izquierda Unida, de rassembler un quart des voix. Les propositions de ces derniers ne pourront être ignorées, au moment où tous les scénarii de gouvernement sont ouverts. Au-delà des Pyrénées, la gauche de transformation vient de démontrer qu’aucun peuple n’est condamné à se replier dans le coup de gueule haineux. Ceux qui l’ont soutenue, ce sont les jeunes et les salariés, les forces vives sacrifiées sur l’autel de la finance et de la rente. Ils ont trouvé, malgré la brutalité de la crise espagnole et sa cohorte de méfaits, la force de se rassembler, enracinés dans des mobilisations locales qui ont su converger.
Une lame de fond en Europe

Pourquoi le Front de gauche ne connaît-il pas le même succès ? La question, au lendemain des élections régionales, reprend toute sa pertinence. D’abord, parce qu’il n’y a pas de “modèle exportable”, que ce soit Syriza, Podemos, etc. Il faut repenser une alternative de gauche dans notre pays à partir des réalités concrètes de notre société. La montée de l’extrême droite est un exemple éclairant. En Espagne et au Portugal, du fait du franquisme et de la dictature de Salazar, encore présents dans les esprits, l’extrême droite n’a pas pu se développer. En France, ajouté au hold-up de Le Pen, faisant croire qu’elle serait “anti-système”, alors qu’elle en est une pièce maîtresse, une course contre la honte est engagée, par la droite comme par l’appareil socialiste en vue de la présidentielle de 2017. Mais, outre cela, il est aussi certain que le Front de gauche n’a pas su capitaliser et faire fructifier son résultat de la dernière élection présidentielle, en n’incarnant pas une rupture claire face aux politiques gouvernementales d’austérité. Pourtant, dans les conditions propres à chaque pays, des expériences démontrent à ceux qui, il y a encore peu, parlaient de “fin de l’histoire”, qu’il existe à l’échelle de l’Europe une lame de fond porteuse de grandes espérances face à l’austérité. C’est avec cela à l’esprit que le débat à engager par la gauche progressiste ouvrira des chemins victorieux vers la transformation.


Une course contre la honte est engagée par la droite et par l’appareil socialiste en vue de 2017.



“Ce soir, l’Espagne est autre et elle le sera demain”, s’est exclamé,
peu après les résultats, Íñigo Errejón, numéro deux de Podemos.

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