Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

L'Humeur
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Attentats terroristes

“le droit par la démocratie et la paix”

jeudi 19 novembre 2015 , 249 : visites , par LDA

La France est sous le choc. La sécurité de toutes et tous doit être une priorité. Mais elle doit être indissociable de la protection des libertés et des droits fondamentaux qui sont le socle de notre République.

Les drames du 13 novembre, les menaces qui rôdent ne doivent pas nous tétaniser mais, au contraire, appeler à penser une réponse progressiste pour faire reculer dans notre société les injustices, les racismes et les misères, qui donne un autre but à la vie que la course à l’argent par la force des armes ou la violence des dominations économiques. Les services publics sont apparus indispensables dans la lumière de la tragédie. Ils doivent trouver un nouvel essor dans une société du bien commun. Les luttes pour faire progresser l’égalité sont aussi une arme contre Daech.

Matamores du verbe
Un choc électrique a secoué Paris puis parcouru la France. L’assaut donné mercredi à Saint-Denis, les opérations lancées contre des terroristes, leurs filières, ont confirmé aux yeux de tous que nous étions entrés dans un autre temps ; celui d’une menace palpable, d’un risque proche, d’un péril récurrent. Qui peut s’empêcher d’éprouver une crainte pour ses proches, une suspicion latente dans les gestes quotidiens  ? Des matamores du verbe ont entrepris de jouer sur ces sentiments pour entonner des sonneries belliqueuses et faire, avec la crainte, une arme massive de propagande politicienne. L’extrême droite s’est postée sur les créneaux de l’amalgame et de la stigmatisation. N. Sarkozy a supprimé, entre 2007 et 2012, 12 469 postes dans la police et la gendarmerie. Flanqué d’avatars comme Wauquiez, il rêve de lois d’exception et même d’un Guantanamo à la française, quitte à prendre le risque des chaos que le “bushisme” a fait naître. Des concepts périlleux, lourds d’implications funestes sont jetés à la face de l’opinion. Le premier ministre dénonce pour sa part « l’ennemi intérieur  » de sinistre mémoire et se campe en Clemenceau, prêchant « l’union sacrée » à l’aube de la Première Guerre mondiale. Cette musique du chaos va dans le sens de ce que souhaite Daech.

Sécurité mais aussi libertés
Ses assassins veulent paralyser les peuples par l’effroi et la panique, les contraindre à renoncer à leurs rêves, à leurs plaisirs, à leurs espoirs. à la démocratie. Rien ne leur convient mieux qu’un climat de haine, de violence et de stigmatisation. Leurs actes veulent susciter la division, le repli, le rejet des autres. Toute attitude et toute parole qui, en France, y participent servent leurs desseins. La réplique à leur apporter doit donc inséparablement marier les mesures de sécurité les plus efficaces et la protection des libertés qu’ils exècrent. La proclamation de l’état d’urgence alors que se déroulaient les carnages parisiens répondait aux besoins de protection immédiate de la population. Mais il ne peut devenir un mode de vie permanent ni échapper au contrôle parlementaire, sans que la démocratie en souffre, sans qu’une telle restriction des libertés sème le ferment des divisions. De même, la dénonciation de l’oeuvre de mort de Daech doit s’accompagner du refus sans concession que soient désignés des boucs émissaires. En ce sens, il faut marteler que les réfugiés ne sont pas les acteurs du terrorisme mais ses victimes. Il faut aussi que la diplomatie française sorte de ses ambiguïtés et du laxisme à l’égard de ceux qui tisonnent en sous-main les feux qu’ont allumé les va-t-enguerre. « Le droit par la démocratie et la paix », pour citer Jaurès, voilà quel doit être notre but.


Entre 2007 et 2012, N. Sarkozy a supprimé 12 469 postes dans la police et la gendarmerie.


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