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70ème anniversaire de la Sécurité sociale

La sécurité sociale : une idée d’avenir

jeudi 1er octobre 2015 , 302 : visites , par Rémi

La création de la Sécurité sociale en 1945 répondait à une grande ambition : organiser la société sur des bases justes et solidaires, favoriser l’émancipation citoyenne. En cela, elle fut subversive et audacieusement visionnaire.

C’est en 1945 qu’Ambroise Croizat a eu le courage politique de lancer l’idée d’une protection sociale pour laquelle chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Avoir cette ambition dans un pays au sortir d’une guerre qui l’avait ravagé et ruiné démontrait une sacrée confiance dans le genre humain. Les fondements de la solidarité, de l’universalité, de l’unicité de la Sécurité sociale, au coeur de l’affrontement de classes entre le capital et les forces progressistes, restent d’actualité, dans un contexte où le gouvernement fête les 70 ans d’une Sécu... « objet du passé ».

Un nom mais plus d’âme
Dès sa mise en oeuvre, la Sécu fut attaquée par les conservatismes et des résistances fortes. Le principe d’unité s’est peu à peu effacé devant la segmentation du système, et l’approche gestionnaire a pris le pas sur l’enjeu sociétal. La solidarité nationale s’est progressivement estompée face aux mesures sectorielles et à une segmentation des droits. Les transformations du capitalisme et l’idéologie néolibérale ont signé la fin des synergies entre développement économique et protection sociale voulues par les fondateurs de la Sécurité sociale et dont on a pu mesurer les bienfaits durant toute la période de reconstruction économique de la France. Traitée malheureusement comme une charge et non plus comme une chance pour notre pays et ses habitants, la Sécurité sociale d’aujourd’hui a bien conservé son nom, mais on lui a fait perdre progressivement de son âme. Plus que jamais, donc, elle doit être défendue. Contre un pacte dit de responsabilité qui veut la priver de ses ressources essentielles et réduire ses prestations. Contre des évolutions de la complémentaire santé qui tendent à limiter sa place et son rôle. Mais défendre notre Sécu implique aussi de la repenser à travers un plan d’ensemble débattu démocratiquement, comme le fut celui qui présida à sa création.

Quelques questions
Posons-nous quelques questions. Sur le financement : pourquoi ne pas asseoir les cotisations sur toutes les richesses créées dans l’entreprise, de manière neutre vis-à-vis des facteurs de production, le capital et le travail ? Ne peut-on, de même, imaginer une fiscalité qui protège à la fois l’environnement et la santé des personnes ? Sur les prestations : ne faut-il pas encourager la prévention des risques sanitaires et sociaux plutôt que leur réparation ? Ne faut-il pas considérer la protection sociale comme un investissement afin de réduire les inégalités et de contribuer au développement économique et humain  ? Sur la gestion : ne peut-on faire émerger une démocratie sociale, participative et représentative  ? Et sur le partenariat avec la mutualité : ne serait-ce pas une voie à privilégier ? Ces questions, le gouvernement, qui vient d’annoncer 3,4 milliards de réductions pour 2016 (“encadrement” des arrêts de travail, séjours hospitaliers écourtés...), ne les pose certes pas dans son hystérie austéritaire qui lui a fait saigner la Sécu de 21 milliards sur 3 ans. Fermetures de structures de soins, désertification médicale “galopante” dans certains secteurs du département, privations de soins ou de traitements par manque d’argent... La Sécu est un pilier de notre société qui impacte nombre d’aspects de notre vie quotidienne  ; elle sera donc au coeur des débats des élections régionales.


L’hystérie austéritaire du gouvernement lui a fait saigner la Sécu de 21 milliards en 3 ans.


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