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Défense nationale : la loi Macron privatise aussi les chars

Union sous seing privé et noces de plomb

jeudi 6 août 2015 , 406 : visites , par LDA

Dommage collatéral de la loi Macron ? Pas du tout. Ce texte adopté par un coup de force a permis, fin juillet et en toute discrétion, de privatiser Nexter (ex-GIAT industries) qui vient de s’unir au groupe allemand privé KMW.

Le mariage a été célébré sous les lambris de l’hôtel de Brienne, siège du ministère de la défense. C’est dire combien le gouvernement a tenu à jouer les bonnes fées au dessus du berceau du nouveau groupe qui n’a pourtant pas reçu le baptème (du feu ?), puisque son nom n’a pas encore été trouvé. Ce rapprochement s’officialise après de longs pourparlers, et surtout aussitôt le passage de la loi Macron qui a permis de faire sauter des verrous administratifs, entendez par là de permettre au français Nexter de s’affranchir de son statut public afin de convoler avec KMW.
Alliance lourde de menaces
Tout entier porté par sa liesse, le ministre de la défense, Jean-Yves le Drian, en a profité pour réécrire l’histoire à sa sauce. Après avoir déclaré que cette opération était, pour lui, un « motif de grande satisfaction  », il a encensé E. Macron « qui a su convaincre la représentation nationale ». Drôle de façon de convaincre en recourant à l’article 49-3 pour faire adopter sans débat une loi ! Le nouveau trust d’armement brigue la seconde marche du podium européen dans le domaine des véhicules blindés et d’équipements et d’armes divers. Le PDG de Nexter, Philippe Burtin, envisage d’économiser 60 millions d’€ d’ici cinq ans, grâce à la mutualisation de divers services, comme l’informatique ou les ventes. Pourtant l’euphorie ambiante n’est pas unanimement partagée. Le syndicat CGT de Nexter y voit « une alliance lourde de menaces » pour les salariés. Ainsi, le futur siège sera implanté aux Pays-Bas. Officiellement pour ménager des susceptibilités, mais plus sûrement pour pratiquer l’optimisation fiscale et bénéficier de règles sociales moins contraignantes de ce pays. « De fait, les représentants des salariés seront exclus des instances de gouvernance  », estime la CGT, rejointe par la CFDT, qui s’est, elle aussi, inquiétée du devenir de l’emploi et de la pérennité des sites actuels.
Le “Léoclerc” ?
Si, à en croire les déclarations des uns et des autres, les épousailles ne seront définitivement consommées que dans quelques mois, le nom du prochain rejeton a déjà été trouvé. C’est le PDG de KMW qui évoque un nouveau char fabriqué en commun et dénommé “Léoclerc”, contraction du char Leclerc conçu par Nexter et du Léopard allemand de KMW. Reste à savoir à qui le vendre. L’armée française ayant, pour sa part, lancé récemment un plan de modernisation de ses 200 chars Leclerc, son budget ne lui permet pas de faire mieux dans un proche avenir. Cette fusion, qui va toucher 6 500 salariés, préoccupe les députés du Front de gauche, qui y voient une « fuite en avant », et ceux, outre-Rhin, de Die Linke qui jugent le « danger énorme que maintenant encore plus de chars allemands soient livrés n’importe où ». Des préoccupations partagées aussi par les Verts (Die Grünen), hostiles à ce que de l’armement allemand prenne « le chemin de pays qui piétinent les droits de l’Homme ». Les dessous pas chics de ce contrat de mariage nous apprennent que Nexter est beaucoup plus rentable (avec des marges sur certains programmes nationaux pouvant aller jusqu’à 20%) que son partenaire, KMG qui a dû alléger son trousseau de certains actifs, dont une créance grecque pour l’acquisition de 353 tanks allemands en 2006. L’argent du beurre des marchands de canons sent souvent le rance.


Les syndicats de Nexter sont inquiets de cette fusion pour l’emploi et la pérénnité des sites.


P.-S.

La dépêche de l’Aube N1350

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