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Un “gouvernement de la zone Euro” ?

L’“avant-garde” de l’europe du fric

jeudi 23 juillet 2015 , 366 : visites , par Rémi

François Hollande s’est fait l’avocat d’une “organisation renforcée de la zone Euro” et le chantre de la “qualité de la relation franco-allemande”. C’est la mise sous protectorat de pays par un cartel supranational inféodé aux puissances de l’argent qui se prépare.

Devinette : qui proposait, le 1er juin dernier, dans les colonnes du Journal du dimanche, la création d’une « avant-garde européenne », avec à la clé “super”-gouvernement, budget et parlement de la zone euro ? Emmanuel Macron. Qui remettait le couvert, trois jours après, dans neufs journaux européens et lançait un appel à une « zone euro renforcée  » ? Macron cosignant avec le vice-chancelier allemand et le chef du SPD, Sigmar Gabriel. Qui préconisa la même chose, peu après qu’Hollande et Merkel l’aient évoquée en mai dernier ? Les présidents des institutions européennes.

Consensus des eurocrates
Si François Hollande dit naviguer dans le sillage de Jacques Delors, il n’en reste pas moins qu’une irrépressible arrière-pensée d’arnaque se fait jour. Bien qu’elle paraîsse placée à l’ombre du drapeau tricolore, avec un président de la République à la manoeuvre, qui fera “des propositions et prendra des initiatives”, l’idée est incontestablement le fruit d’un consensus de la technocratie européenne et du couple politique “dominant”, Merkel-Hollande. Certes, si la pression formidable exercée sur la Grèce semble avoir tourné à leur avantage, la montée en puissance de la contestation d’une Europe de la finance, à laquelle s’ajoutent, particulièrement au plan économique, de nombreuses voix pour dire l’absurdité et la perversité du système actuel, il faut faire vite. C’est donc à une fuite en avant dans le déni de démocratie et l’autoritarisme à laquelle nous assistons aujourd’hui, concrétisée par les propositions de François Hollande qui, pour l’occasion, compte se retailler un habit d’homme d’état. Au fond, ne s’agirait- il pas d’acter une pratique de fait ? En face de qui la Grèce s’estelle retrouvée ? L’Eurogroupe, une instance informelle, sans règles et sans règlement, composée de représentants des états européens les plus puissants et qu’Hollande veut à présent institutionnaliser.

Levée en masse
Depuis le traité de Rome en 1957, l’intégration européenne s’est faite dans une constante confiscation de la parole des peuples, quand elle n’a pas purement et simplement été ignorée. Les quelques consultations, consenties à contre-coeur par les hiérarques de Bruxelles, ont été pour eux des empiètements incongrus sur leurs prérogatives. Les Danois et les Irlandais votent non au traité de Maastricht : on les fait revoter. Français et Néerlandais rejettent, en 2005, le projet ultralibéral de constitution de l’Union Européenne, le même texte est imposé sous le nom de traité de Lisbonne. L’« avant-garde européenne » dont Hollande s’est fait le portevoix se joue d’après un livret écrit par Bruxelles, la BCE et le FMI. La crise grecque et la perspective des élections de fin d’année en Espagne ont exacerbé la frénésie de verrouillage à son profit de l’oligarchie. Bien sûr l’idée, sous diverses formes, n’est pas nouvelle, mais la volonté d’y avancer désormais, si nécessaire, à marche forcée est révélatrice de la profondeur de la crise et de la volonté de poursuivre dans la même voie, en y démolissant des pans entiers de la souveraineté des peuples. De surcroît, la proposition de François Hollande s’imbrique parfaitement dans le grand marché transatlantique (TAFTA), négocié dans notre dos. Ce n’est pas une avant-garde, mais la levée en masse des peuples qui construira une autre Europe.


Nous assistons à une fuite en avant dans le déni de démocratie et l’autoritarisme.


P.-S.

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