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Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)

Le Medef : les vrais assistés du gouvernement

jeudi 11 juin 2015 , 256 : visites

Après avoir demandé le droit de licencier sans justification, le recul de l’âge de la retraite et la suppression de l’impôt sur la fortune, le Medef obtenait du gouvernement, en 2014, le vote du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), censément pour « stimuler l’emploi et relancer l’investissement ». Les parlementaires du Front de gauche avaient dénoncé un nouveau cadeau au patronat.
Depuis, effectivement, la courbe du chômage a continué de progresser, l’investissement de stagner… mais les dividendes versés aux actionnaires se portent bien. Le week-end dernier, au congrès du Parti socialiste, le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadelis a déclaré, en s’adressant au premier ministre, Manuel Valls : « maintenant, il te faut finir le job ! », précisant : « il faut poursuivre les réformes de fond. Ce n’est pas le moment de renverser la vapeur, ni celui de changer de conducteur ».
À quoi les 8,7 milliards de CICE en 2014 ont-ils servi ?
La question dérange. Peu d’entreprises osent donner les chiffres et les services de l’État sont silencieux. Dans son rapport annuel, la Direction générale des finances publiques indique qu’en 2014, au titre du CICE, 900 000 entreprises ont récolté 8,7 milliards d’euros. Principalement les grands groupes comme Sanofi, La Poste, Orange, PSA, la SNCF, Auchan, etc. En effet, il faut faire des profits pour en bénéficier, et plus ils sont importants, plus l’entreprise touche ! Or, en 2014, Sanofi a procédé à 1 800 licenciements après 4 000 en sept ans, La Poste a supprimé l’équivalent de 6 284 postes en équivalents agents, la réforme ferroviaire a éradiqué 1 500 postes et pourrait en supprimer 10 000 d’ici 2020, selon les estimations du cabinet Degest, Auchan a programmé 300 licenciements, PSA a présenté un plan de licenciement de 3 450 personnes et fermé son site d’Aulnay...
La question dérange tant que, souvenons-nous, les élus communistes Aubois avaient demandé au préfet, l’été dernier, communication des sommes versés aux entreprises du département au titre de ce dispositif. On attend toujours la réponse du représentant de l’État qui s’est retranché derrière on ne sait trop quel « secret fiscal ». Rappelons toutefois quelques chiffres : Cycleurope à Romilly ; 280 000 euros de CICE et 40 suppressions d’emplois en 2014, Simpa à Vendeuvre-sur-Barse : 300 000 euros, usine fermée, production délocalisée, 360 licenciements... Chez Petitjean à Saint-André-les-Vergers (700 000 euros) et Assa Abloy à Troyes (400 000 euros) ; des centaines d’emplois sur la sellette...
Intérêt général nul, mais on continue...
Le ministre des Finances et des comptes publics, Michel Sapin, a fait un premier bilan du CICE. Seuls les chiffres l’intéressent. Alors qu’il rogne sur les salaires, les allocations de logement, l’hôpital, les transports... il est peu avare sur le CICE : + 50 % pour 2015 soit plus de 16 milliards, deux milliards supplémentaires, votés en 2014, pourront être dépensés en 2015, objectif : 20 milliards de dépenses annuelles en 2017. On l’a connu moins prodigue en ce qui concerne les « dépenses publiques » concernant les citoyen-nes et les salarié-es… Mais là, il fait droit à une demande du Medef .
Ces sommes astronomiques, offertes sans contrepartie, seraient plus utiles pour les besoins humains tels la santé et la protection sociale, l’éducation, le pouvoir d’achat, pour développer les services publics... Ont-elles servi à faire baisser la courbe du chômage ? Non, mais les actionnaires qui ont vu leurs dividendes s’envoler disent merci au gouvernement. Mieux, ils lui demandent : encore !

P.-S.

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