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Forum européen des alternatives

L’alternative à l’austérité en débat

jeudi 4 juin 2015 , 244 : visites , par LDA

Plus de 5 000 participants les 30 et 31 mai à Paris au premier Forum européen des alternatives. Ils étaient là pour dire leur solidarité avec le peuple grec et écrire ensemble un autre futur que celui de l’austérité.

Prolixes et même jacasseurs sur la “blitzkrieg” familiale au FN ou sur la prise en otage de Marianne par Sarkozy, les médias n’ont rien vu, rien entendu... et, pardi, rien pu dire sur le Forum européen des alternatives du week-end dernier. Rien ou si peu. Son objectif était de réfléchir à une autre construction européenne, anti-austéritaire, et donc s’opposant au consensus qui rassemble, pour le pire, sociaux-libéraux et droites européens. Débats mais aussi action, comme l’appel de Pierre Laurent à prendre part aux mobilisations du 20 juin pour soutenir le gouvernement grec.
Tous des Athéniens
« L’austérité tue l’Europe des peuples et c’est notre responsabilité de mettre fin aux politiques mortelles avant qu’elles tuent l’espoir et les générations futures », a déclaré Zoé Konstantopoulou, la présidente du Parlement grec, qui participait à ce forum aux côtés de Georges Katrougalos, ministre de la fonction publique, et d’une délégation de la coalition gouvernementale Syriza, très ovationnée à son arrivée. Aujourd’hui, face aux pressions de la Sainte-Alliance de l’austérité, entendez par là Bruxelles, Berlin et la banque centrale européenne, la Grèce et, avec elle l’Europe, est à une croisée des chemins. Le Frankenstein financier s’evertue à étouffer dans l’oeuf l’expérience engagée depuis le 25 janvier dernier par le gouvernement d’Alexis Tsipras, à la barre pour se dégager des récifs austéritaires sur lesquels son pays a été échoué. Depuis quatre mois, il résiste aux tentatives d’étranglement de son économie, aux ultimatums, aux campagnes de calomnies, tout en restant sourd aux sirènes du ralliement et de la subordination. Une seule politique : la fidélité au mandat qui lui a été confié par le peuple grec et la défense des intérêts de ce dernier. L’espoir qui est né en Grèce, en marche en Espagne, c’est l’espoir pour des millions d’européens. Voilà pourquoi nous sommes tous des Athéniens.
« On va vaincre ! »
200 invités venus de vingt pays, 42 organisations politiques, 18 organisations syndicales et 80 associations se sont réunis pour réfléchir aux luttes et aux convergences nécessaires pour faire émerger une alternative à l’austérité. Ces convergences ne se décrètent pas mais se construisent : « on ne va pas lever avec un coup de baguette magique toute une série de différences [...]. C’est un chemin, ce n’est pas une ligne droite. Ce qui compte, c’est la boussole », estime P. Laurent, président du Parti de la gauche européenne (PGE) à l’initiative de cet évènement qui, n’en déplaise aux médias, a été un grand succès pour les forces de la gauche anti-austéritaire européennes. Pour le secrétaire national du PCF, « quels que soient les débats qui nous traversent, quelles que soient nos différences, plus rien ne doit arrêter notre travail commun ». Dix ans après le non français et hollandais au traité constitutionnel européen, une alliance européenne contre l’austérité est lancée. Si ne sommes encore loin du bout du chemin, Zoé Konstantopoulou a bien résumé l’importance de l’enjeu : « l’Europe peut devenir une Europe de la prospérité et une Europe des peuples ou une Europe du totalitarisme économique qui croit seulement au néocolonialisme économique », avant de conclure : « on va vaincre ! ». Le week-end dernier, la République n’était pas avec Sarkozy... mais place de la République, au forum.


L’espoir né en Grèce, en marche en Espagne...c’est l’espoir pour des millions d’européens.



- Dora Kotsaka, institut Nikos-Poulantzas (Grèce) : « Il faut rétablir la notion de responsabilisation des citoyens, sur l’eau, les énergies, mais aussi le numérique, car faire de la politique, c’est aussi être acteur et responsable de la société dans laquelle on vit. »
- Fabio Amato, Rifondazione Comunista (Italie) : « La lutte contre la corruption doit être liée à la lutte pour le changement de société. Ce n’est pas une question juridique, c’est une question politique, sociale et culturelle. Avec les paradis fiscaux, la libéralisation du secteur bancaire... tout l’argent sale peut se volatiliser facilement et revenir lessivé dans l’économie. En fait, on le voit chaque jour un peu plus, c’est le capitalisme qui est mafieux. »
- Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES : « Réduire les pensions et les allocations sociales, l’emploi et les services publics est à l’opposé de ce qu’il faut faire pour stimuler la croissance et sortir de l’ornière. »
- Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du PGE : « La France doit être aux côtés d’Alexis Tsipras et du gouvernement grec. La France sera grande si elle est au rendez-vous, mais elle sera honteuse et affaiblie si elle fait défaut dans ce moment crucial de l’histoire européenne. »
- Natasa Théodorakopoulou, dirigeante de Syriza (Grèce) : « Ce forum [s’est déroulé - ndlr] dix ans après le référendum sur le traité de constitution européenne qui a vu la victoire du non en France et aux Pays-Bas. Les élites et les institutions européennes, au lieu de réfléchir sur la portée de ce non et de se rapprocher des peuples, ont trouvé les moyens de réaliser cette ratification par voie parlementaire. [...] Tout cela ne peut qu’accréditer l’idée que l’Europe n’est pas démocratique et renforcer l’abstention. »
- Pierre Larrouturou, Nouvelle Donne : « Qu’un gouvernement qui se dit socialiste ne fasse rien pour le peuple grec, c’est scandaleux ! »


P.-S.

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