“Nous ne sommes pas obligés d’accomplir des grandes actions héroïques pour participer au processus du changement. De petits actes multipliés par des millions de personnes peuvent transformer le monde.” Howard Zinn

L'Humeur
  • Conte d’après guerre
  • 30 avril 2015,
    par Malicette
  • Il était une fois la guerre et les ennemis cruels étaient venus s’installer chez nous. La terrible Gestapo avait élu domicile au Conservatoire, vaste maison où les chants et les rires avaient fait place aux plaintes, aux pleurs et aux cris. La guerre (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • En place pour le quadrille !
  • 30 avril 2015,
    par LE CAPITAINE TRICASSE
  • « Rassemblement », « Liberté », « Parti de la Liberté », « L’Union », « Le Parti de la France »... ça a phosphoré dur à l’UMP pour changer le nom du parti. (...)

  • Lire la suite
1 Clic une Claque
  • IL NE VEUT RIEN LÂCHER
  • jeudi 30 avril 2015
  • 3,5 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A à fin mars en France. 20 140 dans l’Aube... Mais le ministre du travail, François Rebsamen, (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2015 > Avril > N1336 > Journée de la déportation

MÉMOIRE

Journée de la déportation

jeudi 30 avril 2015 , 234 : visites , par Jean Lefevre

Un peu partout les municipalités ont tenu à commémorer la journée consacrée aux victimes de la Déportation dans les camps de concentration et d’extermination nazis, lors la Seconde Guerre mondiale.
Elle a lieu le dernier dimanche du mois d’avril, date choisie pour sa proximité avec la libération des camps en avril-mai 1945. F. Hollande était au Struthof, seul camp installé en France où 22 000 internés moururent et, parmi eux, 7 000 communistes français et allemands, déportés Nacht und Nebel (NN). De nombreux lieux de mémoire furent également honorés en France car « nous ne devons pas oublier », comme il est souvent dit. Mais dit-on toujours ce qu’il faut dire ?
Dans l’Aube, Troyes, Romilly, Nogent-sur-Seine, Aix-en-Othe, Bar-sur- Aube, Bar-sur-Seine, La Chapelle, Sainte-Savine, Saint-Parres-aux- Tertres, Buchères, Les Noës et même dans de petites communes, les élus ou les associations se mobilisèrent pour lire le message des associations de Déportés [1] et rappeler l’horreur de la Déportation. L’A.FMD organisa une soirée mémorielle à l’espace Argence, le samedi. L’ADIRP déposa un bouquet tricolore sur les tombes des déportés, parfois avec les élus des communes visitées. La ville de Romilly, l’ANACR et l’ADIRP ont organisé la projection du film « Au revoir les enfants » de Louis Malle en direction des lycéens avec débat animé par J.-M. Lefébure. Ils sont aussi à l’initiative d’un voyage au Struthof, le 10 juin prochain.
Les Déportés sont de moins en moins nombreux et témoignent difficilement. Cet acte de résistance, de souffrance et de vérité doit donc être porté par leurs familles et les associations. Dans l’Aube, Madeleine Billat, rescapée de Mauthausen, témoigne toujours. Présidente d’honneur de l’ADIRP, elle vient de recevoir la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur qui lui sera remise par la préfète le 8 mai prochain. Nous avons aussitôt prévenu Juliette Gréco, dont la mère et la soeur furent ses compagnes d’infortune.
Le concours de la Résistance et de la Déportation avait pour thème cette année la libération des camps. De nombreux collégiens et lycéens y participèrent. Nous devons féliciter tous ces jeunes gens et leurs professeurs pour leur implication, mais bien des pans de la mémoire ne sont pas transmis aux élèves, en particulier les conquêtes essentielles obtenues grâce à la Résistance et au sacrifice des déportés. Je veux parler du programme du CNR qui a permis le renouveau du pays.
Tout est loin d’être parfait dans ces commémorations. Le maire de Saint-André refuse obstinément d’honorer Louise Ferrouil, morte le 1er mai 1945 à Mauthausen. Il lui est seulement demandé d’ajouter son prénom sur la plaque de la rue qui porte le sacrifice de son mari fusillé à Montgueux. La mairie de Troyes va inaugurer une stèle devant la maison Fernand-Doré suite aux réclamations d’un collectif militant pour la mémoire de ce qui fut le siège de la Gestapo. Or, cette maison n’est même pas citée dans le parcours mémoriel qu’organise la Ville en l’honneur des lieux de mémoire de l’agglomération. Le mot Gestapo est lui aussi absent, un comble ! La prison des Hauts-Clos, la prison Hennequin (bien que citée), le champ de 53 stèles de Creney et son monument n’y figurent pas non plus.
Le monde bouge et le modernisme envahit nos vies. C’est pourquoi il faut avoir encore plus de mémoire. Le travail de mémoire, comme on le voit, doit être mené vigoureusement, car l’amnésie réussit ses coupes sombres. Ce sont aussi parfois malheureusement des oublis volontaires.

JEAN LEFÈVRE.

Madeleine Billat, présidente d’honneur de l’ADIRP de l’Aube

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1336

Notes

[1La FNDIRP, la FNDIR, l’UNADIF et la Fondation FMD

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|