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Manuel Valls roule en serrant bien sa droite... ... sur les autoroutes de la fortune

jeudi 12 mars 2015 , 318 : visites , par Rémi

Après un simulacre de consultation aussi bref que partial sur la résiliation des contrats avec les sociétés d’autoroutes, Manuel Valls opte pour la défense des intérêts privés au détriment de l’intérêt national.

Enterrée l’hypothèse d’une résiliation des contrats depuis la privatisation des autoroutes en 2005. En réponse à la demande de 150 parlementaires, dont ceux du Front de gauche, Manuel Valls avait mis en place, fin janvier, un groupe de travail chargé d’étudier diverses possibilités d’une reprise en main partielle ou totale. Dès fin 2014, le Parti communiste avait organisé une campagne nationale qui dénonçait les énormes profits réalisés par les multinationales - un scandaleux racket - sur le dos des usagers et demandait une renationalisation des autoroutes.

TOUCHE PAS À MES POTES !
On sait, depuis la dernière université d’été du Medef, l’amour de M. Valls pour les entreprises et, plus elles sont grosses, plus vive est sa flamme. Alors, quand il est question d’écorner les profits des actionnaires de groupes comme Vinci, Eiffage ou Abertis, le premier ministre n’a qu’un mot d’ordre : « touche pas à mes potes ! ». Rien d’étonnant dès lors à ce qu’un rapport remis, la veille en soirée et qui va dans ce sens, soit avalisé dès potron minet le lendemain. Peu lui importe ainsi que les usagers soient pris pour des tirelires à quatre roues. Au diable l’intérêt pour la nation d’une reprise en main des autoroutes ! Pourtant, en décembre 2014, un cabinet d’audit chiffrait à un milliards d’euros chaque année l’apport dans les comptes publics et, après remboursement de l’emprunt destiné à financer la résiliation des contrats, à 4 milliards d’euros au bout de 15 ans. Un argument balayé d’un revers de la main par le premier ministre qui n’y voit que des « inconvénients » à tous points de vue. On se saurait, par conséquent, être surpris des trois petites semaines accordées aux parlementaires pour réfléchir à un problème sur lequel l’exécutif avait déjà tranché. Le privé doit rester l’alpha et l’omega de la gestion autoroutière.

LA RENTE AUTOROUTIÈRE
Pour certains de ses membres, le groupe de travail n’aura donc été « qu’une parodie de consultation » afin d’obtenir quelques broutilles marginales de la part des concessionnaires et qui serviront au gouvernement à se faire mousser. La technique est éprouvée. Mais il y a fort à parier que l’on se s’étendra pas sur les profits des sociétés qui gèrent les autoroutes. En septembre 2014, l’Autorité de la concurrence estimait entre 20 à 24% la marge nette, un niveau « exceptionnel » qui n’est surpassé que par le secteur des télécoms (33%). Depuis 2007, les tarifs ont augmenté de 21,7%. Les concessions rapportent gros : 1,8 milliards en 2013 et il faut savoir que certains investissements sont compensés par l’état, par exemple les télépéages sans arrêt (dans le cadre du Grenelle de l’environnement). Sur cent euros encaissés, vingt vont directement dans les poches des actionnaires. Tarifs des péages opaques et excessifs avec d’inexpliquables disparités entre secteurs et périodes de la journée... La liste est longue des griefs depuis la privatisation par De Villepin qui, entre autre, a entraîné une perte de 10 milliards d’euros pour l’état, alors que ces infrastructures étaient amorties et commençaient à rapporter de l’argent. Un magot raflé et étoffé au fil des ans par le privé. Dernier détail, 95% en moyenne du résultat net des concessionnaires est redistribué en dividendes. Merci qui ?

 


Un accord état /concessionnaires prévoit une hausse moyenne des tarifs de 0,57% le 1er juin.


 

P.-S.

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