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La loi “Florange” définitivement votée. Réaction du patronat : “même pas peur !”

jeudi 27 février 2014 , 149 : visites , par Rémi

Après plusieurs navettes entre l’Assemblée Nationale et le Sénat, la loi “Florange”, définitivement adoptée en début de semaine, ne mettra pas à l’abri les sites industriels menacés de fermeture.

« Déçu », « pas à la hauteur » : c’est édouard Martin, syndicaliste chez ArcelorMittal qui, après avoir eu le verbe haut contre F. Hollande et être devenu tête de liste PS aux européennes, qui le dit dans une interview au Monde. Certes, précise- t-il, « on ne peut pas faire la fine bouche et elle a le mérite d’exister ». Mais quand même ! Là encore, le gouvernement vient de démontrer qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Il y a loin des propos vindicatifs de 2012, où un projet de loi était annoncé comme devant être voté avant la fin de l’année pour faire pression sur Mittal, à la version édulcorée à l’extrême qui vient d’être adoptée. Ainsi, il aura fallu, pour déboucher sur ce texte “ultra light,” qui laissera un arrière-goût bien amer aux sidérurgistes ayant bataillé comme des lions pour défendre leurs emplois et leur outil de travail, en rabaisser de beaucoup sur les annonces face à un patronat toutes griffes dehors. Si, comme le dit édouard Martin, elle a le mérite d’exister, elle aura aussi celui de ne pas empêcher de dormir les financiers et capitalistes qui ont la haute main sur des pans entiers de notre industrie. à l’origine, le but était d’encourager la reprise de sites rentables. Le texte initial prévoyait que « lorsque une grande firme ne veut plus d’une unité de production et ne veut pas non plus la céder », elle ait « obligation » de la vendre. Finalement, seules les entreprises de plus de mille salariés seront soumises à l’obligation de rechercher un repreneur.

UN COUP D’ÉPÉE DANS L’EAU
Et encore pendant trois mois ! à la fin de ce délai, le comité d’entreprise pourra contester en cas de non-respect de cette obligation et des amendes - assez symboliques d’ailleurs - appliquées. Reste que si aucun repreneur n’a été trouvé, la fermeture pourra avoir lieu. C’est « une loi de circonstance [...] en se limitant aux entreprises de plus de mille employés, ce texte ne va pas résoudre le problème pour les petites et moyennes entreprises », estime un juriste spécialiste en droit du travail qui annonce déjà que « les employeurs trouveront toujours d’autres solutions pour contourner la loi ». Son point de vue rejoint celui du député PCF André Chassaigne, qui n’a pas caché son scepticisme sur l’efficacité du dispositif, et une nouvelle fois regretté que le gouvernement se refuse à interdire les licenciements boursiers. Du côté ministériel, on godille entre « pragmatisme contre la politique de la terre brûlée » (François Brottes, président de la commission des affaires économiques) et « compromis responsable » (Pierre Moscovici), alors que lundi dernier se réunissait le premier “Conseil national de l’attractivité” à vocation d’inciter les multinationales étrangères à investir en France. Cette loi dévitalisée de tout contenu ne sera donc rien qu’un coup d’épée dans l’eau.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1275

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