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La France au tiers “non soignant”

Santé - Protection sociale

jeudi 17 octobre 2013 , 266 : visites , par Rémi

Alors que le conseil des ministres approuvait la semaine dernière un budget 2014 austéritaire de la Sécu, une nouvelle étude met en avant que plus d’un tiers des Français a renoncé à des soins, faute de moyens.

Ne pas se soigner pour ne pas avoir à payer : 33% des Français disent, d’après une étude CSA pour Europ Assistance, avoir dû renoncer à des soins ou les avoir reportés, faute de moyens. Une tendance très “nettement à la hausse” de six points par rapport à 2012. Excepté la Pologne (39%), la France est très loin devant l’Allemagne (24%), l’Italie (20%) ou l’Angleterre (4%).

PAYE OU CRÈVE
Sans surprise, les soins dentaires et les lunettes viennent en tête de ce triste palmarès. Y figurent aussi le renoncement à l’achat d’une partie des médicaments prescrits et, dans 7% des cas, à des soins lourds. Il y a peu de temps, une autre enquête constatait une “flambée” du recours à l’automédication, avec tous les dangers que cette pratique induit. Et dans ce sombre tableau apparaissent, de surcroît, des inégalités. Les femmes (41%) et les jeunes (40%) sont les plus concernés. C’est évidemment la hausse de la part du financement personnel qui est en cause : participation de un euro sur les actes d’un médecin ou pour une analyse, instituée en 2005, forfait de 18 euros sur ceux d’un montant égal ou supérieur à 91 €, baisse de la prise en charge par la Sécurité sociale de certains médicaments (en 2006), franchises médicales et de nouveaux déremboursements en 2008. En contrepoint, le secteur privé, des laboratoires pharmaceutiques en passant par les cliniques, derrière lesquelles les fonds de pension sont embusqués  ; ils engrangent des profits scandaleux, avec comme devise : « paye ou crève ». Si la méthode sarkozyste, faite de franchises et de déremboursements, ne semble plus d’actualité, une même logique reste cependant opérationnelle.

UNE QUESTION POLITIQUE
La ministre de la santé, Marisol Touraine, se félicite d’un « effort historique » : trois milliards d’euros en moins dans le budget de l’assurance maladie, et quand les besoins augmentent  ! Dans la course au “toujours moins”, l’actuelle majorité se dispute la palme avec la précédente. Réduire le “trou” de la Sécu au prix de plus d’un tiers de français en situation d’exclusion sanitaire, alors que laboratoires, cliniques ou assurances privées font leur beurre sur le dos de ceux qui, pour le moment, peuvent encore payer, non, ce n’est pas pour cela que nous avons éjecté Sarkozy. Le fameux “trou”, qu’il faut boucher à n’importe quel prix, est moins une affaire de réduction de dépenses que d’augmentation des recettes. Un chiffre à méditer : la France produit aujourd’hui quatre fois plus de richesses qu’il y a trente ans. Or, il y a trente ans, le déficit était inexistant. La question est donc de savoir ce qu’il est fait de ces richesses. Elles sont détournées vers la finance et ont généré, en 2012, 310 milliards d’euros de revenus, alors que le déficit de la Sécurité sociale est de 13,3 milliards d’euros. Est-il absurde de prendre (un peu) aux premiers pour répondre aux besoins de toute la société ? C’est une question politique. C’est une autre vision de la société.


Dans la course au “toujours moins”, l’actuelle majorité se dispute la palme avec la précédente.


P.-S.

La dépêche de l’Aube N1256

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