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Syrie : Les “va-t-en-guerre” pris de court

jeudi 12 septembre 2013 , 726 : visites , par LDA

La proposition russe de placer sous contrôle l’arsenal chimique syrien, avant sa destruction, accueillie favorablement par Obama, plonge dans l’embarras Paris, favorable à une intervention militaire en Syrie.

Voilà ce que disait Jaurès, le 25 juillet 1914, dans son ultime discours, cinq jours avant son assassinat : “Si la tempête [la guerre de 1914-18 - ndlr] éclatait, tous, nous socialistes [...] s’il nous reste quelque chose, s’il nous reste quelques heures, nous redoublerons d’efforts pour prévenir la catastrophe”. Une phrase à méditer, côté gouvernemental, où la France, qui se félicitait du ralliement de 28 pays de l’UE, se trouve prise de court par la proposition russe.

LE POIDS DE L’OPINION
Barack Obama, embarrassé par une opinion publique hostile, à 63%, à toute intervention militaire, et un Congrès où un vote favorable était loin d’être acquis, a saisi sans attendre la perche tendue par la diplomatie russe. Côté américain, on évoque même une “pause” au cas où les armes chimiques syriennes seraient sécurisées, éloignant du coup la perspective de frappes sur la Syrie, et ouvrant la voie à une solution politique. le PCF, pour sa part, a réagi en estimant que “tout doit être mis en oeuvre pour assurer l’application rapide de ces mesures”, y trouvant la preuve que “le poids de l’opinion internationale et le bon usage de la diplomatie [peuvent] permettre d’ouvrir un chemin conduisant à des solutions pacifiques et à faire baisser les tensions internationales”. Il propose, de plus, que, sous l’égide des Nations- Unies, soit organisée dans les plus brefs délais une conférence de Genève 2 “afin d’aboutir à un accord politique entre toutes les parties, stopper les violences et ouvrir un processus de transition démocratique en Syrie”. Pour ne pas perdre la face, le gouvernement français a annoncé vouloir imposer des conditions contraignantes à l’égard de Damas.

DES RESPONSABLES
Après avoir indiqué avoir accueilli “à la fois avec intérêt et avec prudence”, la diplomatie française, entend placer haut la barre pour juger de “la crédibilité des intentions exprimées” par le régime syrien. Il est assez navrant, qu’au moment où sont écrites ces lignes, notre pays soit quasiment resté sur la même longueur d’onde que les pétroroitelets du Golfe qui ont tout fait pour dévoyer le soulèvement contre le régime. Une ingérence qui leur fait endosser une très lourde responsabilité dans la spirale de violence qui a embrasé ce pays. Une responsabilité partagée avec les pays occidentaux, qui sont - en particulier l’Allemagne - depuis 1983 les fournisseurs d’agents toxiques et des installations requises, avec, on s’en doute, à la clé de juteux profits pour les firmes pourvoyeuses de mort. Mais la menace d’intervention militaire est loin d’être pour autant écartée, même si les USA semblent privilégier une solutions politique et ont repoussé les date de vote au Congrès et au Sénat. Un texte conditionnerait des “frappes punitives” en cas d’impasse avec la solution russe. Le gouvernement socialiste va-t-il en profiter pour faire siennes les paroles de Jaurès et redoubler d’efforts pour prévenir la catastrophe ?


Les roitelets bellicistes du Golfe portent une lourde responsabilité dans la spirale guerrière.


P.-S.

La dépêche de l’Aube N1251

2 Messages

  • Syrie : Les “va-t-en-guerre” pris de court 14 septembre 2013 19:17, par JOINVILLE

    - Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce qui se passe en Syrie mais voici ce que je retiens de plus important.
    - Ce qui se passe en Syrie est un bras de fer entre deux conceptions du monde à venir.
    - D’une part la conception américaine qui est celle d’un monde unipolaire régi par la loi du plus fort dominé par les États-Unis.
    - Et d’autre part la conception de POUTINE qui est celle d’un monde multipolaire avec un droit international et la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque pays.
    - La guerre de Syrie est comparable à la bataille de Stalingrad qui a marqué le tournant de la seconde guerre mondiale.
    - Elle à la charnière d’un monde finissant et d’un monde naissant.
    - En Syrie POUTINE ne jette pas de l’huile sur le feu.
    - Il ne veut pas que la guerre déborde des frontières de la Syrie.
    - Il ne veut pas de confrontation avec les États-Unis.
    - Mais il veut leur faire comprendre qu’ils ne peuvent pas gagner cette guerre et que s’il ne veulent pas une conflagration générale, il ne leur reste plus qu’à venir s’asseoir à la table des négociations pour régler le problème syrien et instaurer, avec leur participation, et avec d’autres, un nouvel ordre mondial.
    - Il semble que la conception de POUTINE soit entrain de gagner du terrain car tout le monde y a intérêt.
    - Quand à Hollande et à son compère Fabius, écartés des négociations entre la Russie et les USA, ils s’agitent désespérément pour faire croire qu’ils jouent encore un rôle dans cette affaire, alors que plus personne ne les écoute.
    - L’avenir nous dira si j’ai vu juste.
    - Mon grand regret c’est d’avoir voté Hollande.

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  • Syrie : Les “va-t-en-guerre” pris de court 20 septembre 2013 00:30, par JOINVILLE

    QUAND LES ÉTATS-UNIS ARMENT LEURS PROFESSEURS D’après Le Point.fr du 19.9.2013

    Depuis le massacre de Sandy Hook en décembre dernier, qui a fait 26 morts, de plus en plus d’écoles cherchent à armer les enseignants. C’est moins cher que de payer un agent de sécurité à plein temps. En avril dernier le lobby des armes a publié un rapport préconisant d’armer des membres du personnel scolaire dans chaque école du pays.

    Avant la rentrée scolaire à Clarksville dans l’Arkansas, une vingtaine d’enseignants et de membres du personnel administratif du lycée ont suivi une formation pédagogique... au tir. Ils ont appris à se servir d’un pistolet et ont fait quelques exercices pratiques dans les locaux de l’établissement pour se préparer en cas de fusillade ou de prise d’otages. Dans une vidéo filmée lors de l’entraînement, on voit le directeur de l’école arriver dans un couloir où des lycéens-acteurs jouent le rôle de blessés à terre. Deux autres sortent en courant d’une classe en hurlant "il a un flingue !" Le directeur dégaine alors son 9 mm et entre dans la classe où l’un des lycéens tient en respect un gamin avec son arme. Sans hésiter, le directeur l’abat de trois balles.

    Sur les six derniers mois, une trentaine d’États ont lancé des projets de loi pour autoriser le port d’armes dans les écoles. Sept d’entre eux les ont approuvés, mais c’était déjà toléré dans plusieurs endroits. En Utah notamment, les professeurs ont le droit de venir en classe avec une arme dissimulée, sans même avoir besoin d’avertir leur direction ou les parents d’élèves. L’un d’eux a raconté dans un journal de Salt Lake City qu’il porte son pistolet et ses munitions autour de la taille et qu‘il a prévenu ses élèves au début de l’année de ne jamais s’approcher trop près de lui sans leur en expliquer la raison.

    En décembre dernier dans l’Ohio, une association pro-armement qui a lancé un programme de formation pour les profs a reçu 1 400 demandes pour 24 places. À Clarksville, une commune rurale de 9 200 habitants où 22 membres du personnel scolaire ont reçu 53 heures de formation plus 1 100 dollars pour s’acheter un pistolet, l’académie a déboursé 70 000 dollars pour le stage et les munitions.

    Cette tendance ne fait pas l’unanimité chez les enseignants dont les trois quarts se disent hostiles au port d’armes même s’il est autorisé. Ce n’est pas le rôle des profs, disent-ils, et c’est dangereux, car cela risque d’augmenter les risques d’accident.... et d‘incidents. Un enseignant de l’Utah a sorti son arme en menaçant de s’en servir si on ne lui donnait pas le cours qu’il demandait et un autre a oublié arme dans les toilettes de son lycée.

    De leur côté les compagnies d’assurances s’inquiètent des responsabilités en cas d’accident. L’une d’elles la EMC Insurance Companies dans le Kansas a annoncé qu’elle annulerait le contrat de tout établissement qui autoriserait son personnel à porter une arme dissimulée. Dans l’Oregon, les écoles devront payer 2 500 dollars supplémentaires de cotisation pour tout employé armé.

    Pendant ce temps, un groupe de parents de victimes de tueries dans les écoles, est intervenu auprès du Congrès afin de relancer les restrictions sur les armes à feu. Sans grand espoir, car sous la pression du puissant lobby des armes le Congrès semble avoir abandonné toute tentative de réforme.

    Commentaire : Dans un discours prononcé à la Chambre des Communes le 7 mars 1895, Jean Jaurès a déclaré que “le capitalisme portait en lui la guerre comme la nuée porte l’orage”. Cela est toujours vrai, mais aujourd’hui, à voir ce qui se passe aux États-Unis, on peut dire que non seulement le capitalisme porte en lui la guerre, mais que le libéralisme capitaliste est générateur d’une violence destructrice au sein même des sociétés qui sont sous son emprise.

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