“Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de liberté, réelle et véritable.”      Lénine

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Plein boom pour le business du luxe

Les riches ne connaissent pas la crise

jeudi 8 août 2013 , 234 : visites , par LDA

Le commerce du luxe est florissant. Une situation pas aussi paradoxale qu’il pourrait y paraître au premier abord. C’est un signe de la concentration de la richesse entre les mains d’une petite minorité.

Oubliée la colère du début d’année contre le patron de LVMH, Bernard Arnault. Ayant abandonné l’idée de se faire naturaliser belge - par patriotisme ! -, rien ne s’opposait plus à ce que Arnaud Montebourg, après les gros yeux revolvers, lui passât la pommade. La concorde était donc de mise, mi-juin, à l’occasion d’une visite ministérielle dans un atelier Louis Vuitton à Asnières (Hauts-de-Seine).

LUXE À L’ÉTAGE DU HAUT
Chapelet de compliments d’un ministre très “en verve”, relate le JDD : « vous pouvez être fiers, vous faites rayonner la France » auquel le fils Pinault répondit par un « Vive le redressement productif ! Vive la République et vive la France ! » du meilleur effet. Bienvenue dans le monde enchanté du luxe qui fait “gagner la France”. Certes, il crée des emplois, même si l’on reste dans des proportions plutôt artisanales avec 38 000 salariés en France et 100 000 emplois indirects. Mais à y regarder de près, la réalité est beaucoup moins idyllique. Si les “champions français”, LVMH, Kering, Hermès, Chanel, etc. se portent à merveille, assurant de confortables salaires aux dirigeants et de généreux dividendes aux actionnaires, dans les “soutes”, à la production, les revenus ne décollent pas du Smic. Malgré des marges plus que confortables (Cf. tableau ci-contre), la course à la réduction des coûts du travail est de mise. Le luxe, “made in France”, une fois passé le temps des tonitruants cocoricos, se fabrique en Roumanie, dans des ateliers où le salaire mensuel tourne autour de 350 euros, en Inde (Vuiton), à Madagascar (Hermès) ou en Bulgarie, pour les costumes Givenchy et Kenzo. Si l’industrie du luxe ne connaît pas la crise, poule aux oeufs d’or de plus en plus gros, il y a une raison.

LE CLUB DES HAPPY FEW
Et cette raison est simple. Le club des ultrariches croît et les fortunes augmentent. En 2012, on compait 12 millions de millionnaires en dollars dans le monde, soit un million de plus en un an, et leur fortune cumulée a gonflé de 10%. Quant au nombre de milliardaires (1 427), il a augmenté de 210 en un an et leur fortune de 17%. Revers de la médaille, le nombre de chômeurs dans le monde progresse de plus de 9 millions en deux ans, pour atteindre 202 millions. Les parts de gâteau grossissent donc pour la minorité d’happy few, et diminuent d’autant pour tous les autres. C’est ce que démontre l’essor du secteur du luxe. Un constat qui semble contenter le gouvernement, dont les ministres ont les yeux de Chimène pour cette manne, à l’image d’A. Montebourg, ou de la ministre Sylvia Pinel, qui mise sur le tourisme haut-de-gamme. Le commerce du luxe, qui croît plus vite que l’ensemble des richesses créées dans le monde, se nourrit des inégalités ; une situation qu’un gouvernement de gauche devrait s’efforcer de corriger plutôt que d’encourager comme il en donne aujourd’hui tous les signes. Interdir le luxe n’aurait pas de sens. à l’ostentation et la démesure, il serait judicieux de substituer l’accès de tous au confort, à la qualité... et à la beauté.


La fortune cumulée des 1 427 milliardaires dans le monde représente 5 400 milliards de dollars.



P.-S.

La dépêche de l’Aube N1246

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